2021 - Santé et tumeurs féminines

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2021 - Santé et tumeurs féminines

Messagepar admin » mar. 14 sept. 2021 13:20

Avez-vous des questions au sujet de la santé ou des tumeurs féminines? Cinq expert:es,

ém. Dr méd. Monica Castiglione,
oncologue expérimentée et spécialiste du cancer du sein,
Dr méd. Laura Knabben, médecin-cheffe de la Clinique universitaire de gynécologie et obstétrique à l’Hôpital de l’Ile à Berne,
Monika Biedermann, spécialiste en soins mammaires au Centre du sein à la Clinique universitaire de gynécologie et obstétrique à l’Hôpital de l’Ile à Berne,
Corinne Weidner, physiothérapeute en réadaptation MAS, chargé de cours en physiothérapie lymphologique, membre du conseil d’administration de Lympha-Helvetica
et Dr méd. André Kind, médecin-chef de la policlinique et de la consultation dysplasie/HPV à l’Hôpital universitaire de Bâle
répondent à vos questions écrites du 13 septembre jusqu’au 31 octobre 2021.

A partir du 13 septembre, vous trouverez ici des informations supplémentaires et le lien pour le formulaire sur
la page d’accueil du forum.

Toutes les questions et les réponses seront publiées ici.

Les réponses correspondent à une prise de position générale. Elles ne remplacent pas les conseils personnalisés d’un médecin spécialiste. Les noms de médecins, établissements de traitement et produits ne sont pas cités dans un but publicitaire ni de recommandation. Ils se bornent à indiquer des sources d’information.

Quelques questions et réponses ont été traduites dans une autre langue nationale. Si vous avez des questions complémentaires, veuillez vous adresser aux conseillères spécialisées de la Ligne InfoCancer, au numéro gratuit 0800 11 88 11, ou par e-mail à helpline@krebsliga.ch.

Meilleures salutations
Les modératrices

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Papillomavirus

Messagepar admin » lun. 27 sept. 2021 15:13

Question de Francesca Paola
Bonjour,
Âgée de 24 ans, j’ai effectué mon premier test de Pap (à Pérouse, où je fais mes études) en mars dernier. Celui-ci a révélé la présence de cellules atypiques (ASCUS). Résultats de la coloscopie réalisée à Trapani : SIL de bas grade, test HPV (détection de l’ADN viral) positif avec mise en évidence des génotypes 16-53 et micro-biopsie (biopsie du museau de tanche h 6 h 12 h 10). L’examen histologique a montré la présence d’une néoplasie squameuse intra-épithéliale (CIN 2) de haut grade. En conséquence, on m’a vivement recommandé une intervention. Ma gynécologue à Pérouse, qui a consulté de son côté d’autres spécialistes à propos de mon cas, m’a quant à elle recommandé la vaccination (la première dose m’a été administrée début septembre, la seconde est programmée début octobre) et des compléments alimentaires à prendre tous les deux soirs pendant trois mois en alternance avec des ovules vaginaux ISIDE CAPS 22 pour voir si la lésion régresse spontanément et s’il est possible d’éviter la conisation. Pour être sincère, j’ai peur que la lésion ne se transforme en carcinome cervical ou autre et je suis également inquiète à l’idée d’une éventuelle conisation. Est-il possible que la lésion disparaisse d’elle-même ?
Merci !

Réponse de Dr méd. André Kind, médecin-chef de la policlinique et de la consultation dysplasie/HPV à l’Hôpital universitaire de Bâle
Bonjour Francesca Paola,
Il est compréhensible que le diagnostic de néoplasie cervicale intra-épithéliale de type 2 (CIN2) vous inquiète et vous déstabilise. Il est rare qu’une CIN2 se transforme en carcinome cervical. Bien plus fréquemment, ces modifications disparaissent d’elles-mêmes (voir la page 29 de la brochure
Le cancer et les lésions précancéreuses du col de l’utérus. Par ailleurs, le cancer du col de l’utérus est un cancer qui se développe lentement. Compte tenu de ces deux éléments, on n’opère plus systématiquement une CIN2 aujourd’hui, en particulier quand la femme est jeune comme vous, mais des contrôles réguliers sont impérativement nécessaires (chez nous, tous les six mois). Si les modifications cellulaires évoluent vers une CIN3, nous conseillerions également la conisation.
La vaccination contre les HPV est une excellente chose, mais elle n’est efficace que contre les types de papillomavirus humains avec lesquels vous n’avez pas encore été en contact. Elle ne fera pas disparaître les modifications cellulaires que vous présentez actuellement.
Y a-t-il d’autres mesures que vous pouvez prendre ? La seule chose qui a réellement été démontrée, c’est que le tabagisme augmente le risque de développer un cancer ou une lésion précancéreuse du col de l’utérus. Si vous fumez, nous vous conseillons donc instamment d’arrêter. La Ligne stop-tabac propose aux fumeuses et aux fumeurs un accompagnement téléphonique pour faciliter le processus de désaccoutumance tabagique.
Pour ce qui est des compléments alimentaires, leur efficacité n’a pas été démontrée.

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Traitement par anticorps à base d'Avastin

Messagepar admin » lun. 27 sept. 2021 17:08

Question d’Elisabeth
Bonjour,
Atteinte pour la troisième fois d’un cancer, je dois aujourd’hui suivre un traitement par anticorps à base d’Avastin. Je voulais d’abord vous demander si cette thérapie est assimilable à une immunothérapie.
Je me sens en permanence extrêmement fatiguée et souffre par ailleurs de constipation et de diarrhées qui nuisent grandement à ma qualité de vie. Le traitement envisagé doit être administré toutes les trois semaines. Ma seconde question :
un intervalle de quatre semaines entre chaque séance du traitement serait-il envisageable?
Meilleures salutations
Elisabeth Danuser

Réponse de la Prof. Dr med Monica Castiglione
Bonjour Elisabeth,
Le principe actif bévacizumab (désignation commerciale : Avastin) est un anticorps monoclonal utilisé dans le traitement ciblé du cancer. Il permet d’activer les propres défenses immunitaires de l’organisme afin de détruire le tissu tumoral. Le bévacizumab agit spécifiquement sur un récepteur particulier des cellules tumorales et inhibe la formation de nouveaux vaisseaux sanguins dans la tumeur : l’apport en éléments nutritifs est freiné et la croissance de la tumeur est ralentie.
Avastin est utilisé avec d’autres médicaments pour traiter différents types de cancer au stade avancé, par exemple le cancer du sein, le cancer de l’ovaire et le cancer du col de l’utérus.

Le traitement porte atteinte à votre qualité de vie. Vous évoquez une
grande fatigue. On parle ici de fatigue chronique liée au cancer, un état d’intense épuisement qui ne s’améliore guère par des phases de repos. Les causes peuvent en être la maladie elle-même et ses répercussions psychiques, mais aussi le traitement que vous suivez.

La constipation, comme d’autres problèmes digestifs, font partie des effets secondaires fréquents d’un traitement à base d’Avastin.
Il est important que vous signaliez régulièrement à votre équipe soignante les désagréments que vous constatez. N’hésitez pas à demander comment y remédier et ce que vous pouvez faire de votre côté pour les limiter. Une alimentation équilibrée et un peu d’exercice régulier (adapté à votre condition physique du moment) peuvent avoir un effet bénéfique sur votre bien-être.

Pour répondre à votre question sur la thérapie : l’intervalle de temps (fréquence) et la posologie (dosage) à observer dépendent du diagnostic précis qui a été posé dans votre cas, de l’objectif poursuivi, des résultats de vos analyses sous traitement et de la manière dont vous tolérez celui-ci. Je vous encourage vivement à vous adresser à votre équipe soignante pour en discuter et trouver ensemble la meilleure solution pour vous.

Sincères salutations

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Régime cétogène

Messagepar admin » jeu. 30 sept. 2021 12:07

Question de Dieter
Madame, Monsieur,
Ma femme, atteinte d’un cancer de l’ovaire récidivant, a été opérée pour enlever trois tumeurs.
Un régime cétogène (tel que le propose l’Université de Würzburg dans une étude) pourrait-il être utile dans son cas ?
Qui pourrait m’en dire plus sur les bénéfices possibles de cette diète ?
Merci beaucoup de votre aide.

Réponse de la professeure Monica Castiglione, oncologue
De nombreuses personnes atteintes de cancer suivent un régime cétogène dans l’espoir de combattre ou d’affamer la tumeur.

À ce jour, l’utilité de ce régime n’a toutefois pas été démontrée scientifiquement. Les résultats des études réalisées chez l’être humain ne permettent pas d’établir avec certitude que ce régime affame la tumeur, prolonge l’existence ou améliore l’efficacité du traitement.

Les personnes qui adoptent cette diète devraient en particulier être attentives à ses effets secondaires. Le régime cétogène peut en effet entraîner une fonte musculaire et des carences indésirables. Par ailleurs, il augmente le risque d’hypoglycémie, d’hyperlipidémie, de constipation ou de diarrhée, ainsi que de calculs rénaux et de goutte. Selon les recommandations officielles, le régime cétogène devrait par conséquent se faire uniquement sous surveillance médicale, en étant suivi par une équipe expérimentée dans les questions nutritionnelles.

L’organisme a besoin aussi bien de lipides que de protéines et de glucides pour remplir ses diverses fonctions. Le meilleur moyen de lui apporter ces nutriments, mais aussi des fibres alimentaires, des sels minéraux et des vitamines est donc probablement d’avoir une alimentation équilibrée.

Tant que les résultats des études ne permettent pas d’établir avec certitude l’utilité du régime cétogène, chaque personne doit décider elle-même si elle souhaite suivre cette diète. Si votre femme est convaincue par ce régime et souhaite l’adopter, son introduction devrait être soigneusement planifiée, en veillant à un apport suffisant de nutriments, de vitamines et de sels minéraux.

Avant de consulter un ou une spécialiste de la diététique, elle devrait en discuter avec l’oncologue qui la suit.

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Mammographie du sein controlatéral

Messagepar admin » jeu. 30 sept. 2021 12:12

Question de Sibirien
Madame, Monsieur,
Atteinte d’un cancer du sein en 2007, j’ai subi une mastectomie du sein droit. Heureusement, il n’y avait pas de métastases, mais par sécurité, onze ganglions lymphatiques ont été enlevés. La tumeur n’était pas visible sur la mammographie ; elle a été découverte lors d’une échographie.

À ce jour, je ne présente aucun trouble et le cancer n’est pas revenu :-).

Ma question est la suivante, car les avis médicaux que j’ai reçus divergent : une mammographie du sein restant est-elle impérativement nécessaire ? L’échographie réalisée tous les six mois n’est-elle pas suffisante ?

Merci beaucoup et meilleures salutations

Réponse de la professeure Monica Castiglione, oncologue et spécialiste du cancer du sein
Une mammographie devrait être réalisée régulièrement une fois par an même sans suspicion particulière. L’objectif de cet examen est de déceler le plus rapidement possible une éventuelle tumeur dans le deuxième sein. La mammographie permet un diagnostic précoce, avant l’apparition de symptômes. Suivant la densité du tissu mammaire, elle est complétée par une échographie (ultrasons). Dans certains cas spécifiques, une IRM (imagerie par résonance magnétique) est nécessaire pour exclure une deuxième tumeur.

Même si dans votre cas la mammographie effectuée il y a 14 ans n’avait pas permis de déceler la tumeur, il est très probable qu’aujourd’hui une éventuelle tumeur dans le sein gauche serait visible à la mammographie.

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Tumeur de la granulosa adulte de l'ovaire

Messagepar admin » lun. 4 oct. 2021 12:51

Question d'Ischtil
Tumeur de la granulosa de type adulte : quelle est la probabilité d’une récidive lorsque la capsule de la tumeur s’est déjà rompue avant l’opération ? Et après combien d’années puis-je considérer que le cancer ne récidivera plus ?

Réponse de la professeure Monica Castiglione
Vous êtes atteinte d’une tumeur très rare de l’ovaire. De manière générale, les connaissances disponibles sur ce type de tumeur et sur la façon dont elle évolue habituellement sont limitées. En principe, il s’agit d’une tumeur peu agressive, qui croît lentement.

L’étendue de la tumeur au moment du diagnostic (stade) n’est que l’un des multiples facteurs qui influencent votre pronostic. Le résidu tumoral éventuel après l’opération, l’âge, l’état général, le sous-type histologique, le grade de la tumeur (c’est-à-dire la mesure dans laquelle l’aspect des cellules cancéreuses diffère de celui des cellules saines) et la réponse au traitement reçu sont autant d’éléments qui devraient être pris en compte pour évaluer la façon dont votre maladie va probablement évoluer.

Par ailleurs, les statistiques ne permettent pas nécessairement d’établir un pronostic individuel fiable. Certains cancers ont en effet une évolution très différente de celle qui est décrite de manière générale dans la littérature scientifique. Certaines femmes ne présentent pas de récidive pendant longtemps, alors que chez d’autres, la maladie progresse très rapidement malgré le traitement. Abordez la question qui vous préoccupe avec les médecins qui vous suivent : ce sont eux qui sont les mieux placés pour formuler un pronostic dans votre cas particulier, car ils connaissent les résultats de vos examens et pourront vous expliquer ce que l’on peut en conclure.

Le risque de récidive subsiste toute la vie durant ; il diminue cependant avec les années.

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Pronostic lors d’un cancer du sein métastatique

Messagepar admin » mer. 13 oct. 2021 9:09

Question de Leseratte6
Bonjour,
J’aimerais connaître le pronostic lorsqu’un cancer du sein a formé des métastases dans le poumon, la clavicule et les vertèbres dorsales et lombaires. Le traitement actuel est une hormonothérapie.
Merci de votre réponse.

Réponse de la professeure Monica Castiglione, oncologue et spécialiste du sein
Lorsqu’un cancer du sein a formé des métastases, certains médicaments permettent de prévenir ou de soulager les douleurs, de prolonger la survie et de préserver une qualité de vie aussi bonne que possible. Avec les traitements actuels, il est souvent possible de vivre plusieurs années avec la maladie. Toutefois, l’évolution varie d’une patiente à l’autre : certaines femmes vivent encore longtemps après l’apparition de métastases, alors que d’autres voient leur état se détériorer rapidement. De nombreux facteurs – l’âge, l’état général, le traitement administré et la réponse individuelle à ce traitement – influencent le pronostic.

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Nodule sous l’aisselle

Messagepar admin » ven. 15 oct. 2021 10:45

Question de Vroni
Bonjour,
J’ai consulté mon gynécologue il y a quatre semaines pour une petite boule sous l’aisselle.
Il m’a prescrit une crème hormonale en disant qu’il s’agit d’un ganglion lymphatique. Un nouveau rendez-vous a été fixé en novembre. Le nodule n’a toujours pas disparu. Faut-il patienter jusqu’au prochain rendez-vous ?
Merci de votre réponse !
Meilleures salutations,

Réponse de la professeure Monica Castiglione, oncologue et spécialiste du cancer du sein
Vous avez senti un nodule dans le creux axillaire. Votre gynécologue vous a examinée et vous a fixé un rendez-vous en novembre pour un contrôle. À ce jour, le nodule n’a pas régressé. Par précaution, adressez-vous à un
centre du sein certifié, mais rendez-vous également à votre contrôle chez le gynécologue en novembre.

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Douleur aigüe, de courte durée, dans le sein

Messagepar admin » mer. 20 oct. 2021 8:51

Question de Madame M.R.
Douleur aigüe, de courte durée, dans le sein gauche (autour du mamelon)

Entre une et cinq fois par jour, je ressens soudainement une «piqûre» dans le sein gauche, la douleur passe au bout de 20 à 50 secondes.
Je n’ai pas de nodules.
J’ai 74 ans et ai allaité chacun de mes trois enfants pendant six mois au moins.

Réponse de la professeure Monica Castiglione, oncologue et spécialiste du cancer du sein
Madame,
Vous redoutez sûrement que la douleur soit un symptôme de cancer du sein. En général, les femmes souffrant d’un cancer du sein sentent un nodule indolore ou une induration dans le sein. Outre d’autres symptômes, des modifications inflammatoires subites du mamelon peuvent apparaître en cas de cancer du sein. Vous avez allaité chacun de vos trois enfants pendant six mois. Cela diminue votre risque de cancer du sein.

Les douleurs dans le sein ou le mamelon que vous décrivez peuvent avoir d’autres causes qu’un cancer du sein. Seul un examen médical approfondi peut vous rassurer, car il permet d’établir un diagnostic correct et de mettre en place un traitement causal de vos douleurs. Je vous recommande de vous adresser rapidement à un centre du sein certifié ou de vous faire examiner par un médecin en qui vous avez confiance.

Bon courage et meilleures salutations

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Les vaisseaux lymphatiques peuvent-ils se reformer ?

Messagepar admin » jeu. 21 oct. 2021 12:38

Question de Regine
Chère équipe, bonjour !

Je m’appelle R.T. et je suis née en 1965. J’ai une question. En 2018, j’ai subi l’ablation de la vessie avec une grande partie des vaisseaux lymphatiques des deux côtés à la suite d’une tumeur de la vessie.
Je fais un scanner tous les trois mois. Selon cet examen, il n’y a pas de métastases visibles.
Comme je sens de nouveau quelque chose du côté de l’aine et que n’arrive pas à me débarrasser de l’idée qu’il y a un problème, j’en ai parlé à mon oncologue. Il a fait une échographie et m’a dit que de nouveaux vaisseaux lymphatiques s’étaient formés et que je ne devais pas m’inquiéter. D’où ma question : des vaisseaux lymphatiques peuvent-ils se reformer ???

Réponse de Corinne Weidner, physiothérapeute, MAS en réadaptation
Vous avez bien fait de consulter votre oncologue après avoir constaté une anomalie dans la région de l’aine.

Après l’ablation chirurgicale de ganglions lymphatiques, la lymphe peut chercher de nouvelles voies pour s’écouler et de nouveaux petits vaisseaux lymphatiques peuvent se former à l’endroit où les ganglions ont été retirés. Dans certains cas cependant, l’ablation des ganglions lymphatiques entraîne un œdème lymphatique : une partie du liquide présent dans les espaces interstitiels ne peut plus être évacuée par les voies lymphatiques, de sorte que celui-ci s’accumule et provoque un gonflement. Il se peut que ce que vous sentez au niveau de l’aine soit un œdème lymphatique, c’est-à-dire un bouchon de lymphe.
Demandez à l’oncologue qui vous suit si, dans votre cas, il serait judicieux de procéder à un drainage lymphatique manuel pour éliminer ce bouchon. Dans l’affirmative, demandez-lui de vous prescrire une série de séances de physiothérapie lymphologique et de vous aiguiller vers un ou une thérapeute qualifié-e.

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Accumulation anormale de lymphe dans l’aine : que faire ?

Messagepar admin » jeu. 21 oct. 2021 12:56

Question de Fille inquiète
Mesdames, Messieurs,
Mon père a subi une opération de la prostate il y a une année et demie ; 36 ganglions lymphatiques environ ont été retirés durant l’intervention. À présent, la lymphe forme un bouchon relativement important dans la région d’un des testicules. Le médecin préconise une opération. D’où ma question : une intervention chirurgicale est-elle indispensable ? Ne serait-il pas possible d’obtenir une amélioration au moyen d’un drainage lymphatique ? Existe-t-il éventuellement des vêtements compressifs spécifiques pour ce genre de problème ? Où mon père pourrait-il s’adresser pour un drainage lymphatique ou des vêtements compressifs ?

Réponse de Corinne Weidner, physiothérapeute, MAS en réadaptation
Votre père présente une accumulation anormale de lymphe à la suite d’une opération de la prostate avec ablation de ganglions lymphatiques.

Un drainage lymphatique ciblé permettrait d’éliminer ce bouchon de lymphe et d’obtenir une amélioration.

Il existe des vêtements compressifs spéciaux pour les œdèmes lymphatiques de la région pelvienne, par exemple des coussinets génitaux que l’on insère dans un vêtement compressif sur mesure. Ce dispositif augmente la compression et le capitonnage de manière ciblée et permet une répartition idéale de la pression lors d’un œdème génital. Les bas de compression et autres articles de ce type devraient toujours être ajustés par un ou une spécialiste. Avant cela, une thérapie décongestionnante complexe (TDC) est réalisée par un ou une thérapeute ayant suivi une formation complémentaire en drainage lymphatique manuel. La TDC comporte deux phases. La première vise à réduire l’œdème grâce au drainage lymphatique et à des bandages compressifs ; la seconde associe le port de vêtements compressifs sur mesure et un drainage lymphatique manuel pour soutenir le système lymphatique.

La fondation
Lympha Helvetica peut aider votre père à trouver un ou une thérapeute en drainage lymphatique manuel. (Le lien est seulement en allemand ou ital.)

J’attire également votre attention sur la brochure
« L’œdème lymphatique après un cancer », que vous pouvez commander ou télécharger gratuitement. À la page 28, vous trouverez une liste d’associations professionnelles actives dans le domaine du drainage lymphatique.

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Lymphœdème après curage ganglionnaire de l’aine

Messagepar admin » lun. 1 nov. 2021 13:15

Question de Max
Il y a 6 semaines, on m’a diagnostiqué un mélanome dans la région de la hanche/fesse. On m’a enlevé le ganglion sentinelle à l’aine : il était atteint d’une tumeur de 6 mm. De ce fait, on m’a conseillé, en plus de l’immunothérapie au Keytruda, l’ablation chirurgicale des ganglions lymphatiques de l’aine. J’ai 58 ans, je suis sportive et j’adore le vélo et la randonnée. D’un côté, je n’aimerais pas être obligée d’abandonner mes activités préférées, de l’autre, je tiens à la vie. Je suis très inquiète à la perspective que l’intervention chirurgicale puisse avoir pour effet que ma jambe gonfle au niveau de l’aine. Ce que j’aimerais savoir au sujet du lymphœdème de la jambe :
  • Quelle est la probabilité de lymphœdème de la jambe après ablation chirurgicale des ganglions lymphatiques de l’aine ?
  • Comment le lymphœdème de la jambe se manifeste-t-il ?
  • Que peut-on faire contre un lymphœdème de la jambe ?
Réponse de Corinne Weidner, physiothérapeute, MAS en réadaptation
La probabilité de lymphœdème dépend fortement du site et du nombre de ganglions lymphatiques retirés. Statistiquement parlant, après un curage ganglionnaire, un lymphœdème apparaît dans environ 20 à 30 cas sur cent.

Un premier signe d’œdème peut être une sensation de lourdeur, avant qu’un gonflement soit visible de l’extérieur.
Le gonflement peut se produire dans la zone des organes génitaux, de l’aine, des fesses et de la jambe située du même côté.

Le sport a un effet très positif, il soutient efficacement le système lymphatique. L’idéal est l’activité physique dans l’eau, en faisant attention à ce que la température de l’eau ne dépasse pas 30° C. Il est important également de maintenir son poids corporel stable.
En cas d’apparition d’un lymphœdème, une thérapie décongestionnante complexe (TDC), réalisée par une thérapeute dûment formée, est recommandée.
La TDC comporte deux phases :
  • une phase intensive vise à réduire l’œdème grâce au drainage lymphatique et à des bandages compressifs,
  • une phase d’entretien/optimisation associe le drainage lymphatique au port de vêtements compressifs tricotés à plat.
La brochure L’œdème lymphatique après un cancer vous donne des informations sur le système lymphatique et l’œdème lymphatique ou lymphœdème. Elle vous expose les possibilités de réduire le risque de lymphœdème après le traitement d’un cancer et d’en éviter la progression. Elle donne aussi de nombreux conseils et astuces pour mieux vivre avec cette maladie chronique.

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Œdème lymphatique après un traitement contre cancer du sein ?

Messagepar admin » lun. 1 nov. 2021 15:02

Question d’Olivia
Bonjour,
J’ai été opérée d’un cancer du sein l’année dernière. La tumeur a été enlevée. Ensuite, j’ai suivi une radiothérapie. Actuellement, je prends uniquement des comprimés anti-hormonaux ; je ne suis pas de chimiothérapie.
Depuis quelques temps, le sein opéré est gonflé et dur. Souvent, cela me fait aussi un peu mal, mon soutien-gorge est trop serré et me dérange.
Du côté qui a été opéré, ma mobilité est également un peu limitée, et je n’arrive pas à lever mes deux bras de la même manière. Est-ce que cela pourrait être une accumulation de lymphe ?
A qui puis-je m’adresser, que puis-je faire moi-même ?
Merci pour votre réponse.
Olivia

Réponse de Corinne Weidner, physiothérapeute MAS en réadaptation

Bonjour Olivia,
Vous avez subi une opération pour un cancer du sein l’année dernière, suivie d’une radiothérapie. Vous suivez actuellement un traitement anti-hormonal.
Vous avez remarqué que votre sein est différent, gonflé et dur, et vous vous demandez s’il s’agit d’un œdème lymphatique.

Il peut arriver qu’à la suite d’une opération du sein ou à cause d’une radiothérapie, le flux lymphatique soit entravé. Les vaisseaux lymphatiques environnants peuvent augmenter leur activité et éliminer en plus une partie de la lymphe. Ceci peut bien fonctionner pendant un certain temps, empêchant ainsi la formation d’un œdème lymphatique. Avec le temps, il peut toutefois arriver que les vaisseaux lymphatiques environnants ne parviennent plus à effectuer ce travail supplémentaire, conduisant malgré tout à un œdème lymphatique.
Vos symptômes indiquent un œdème lymphatique du sein. De même, une mobilité limitée des bras est un signe d’œdème lymphatique du thorax ou de la paroi thoracique

Des études ont montré qu’environ 20 % de toutes les femmes atteintes d’un cancer du sein et ayant subi une intervention chirurgicale développent un œdème lymphatique après trois à cinq ans.

Demandez conseil à votre gynécologue, qui pourra vous adresser à un spécialiste. Vous pourrez trouver des adresses de spécialistes sur le site internet de la fondation
Lympha Helvetica et dans la brochure « L’œdème lymphatique après un cancer » de la Ligue suisse contre le cancer.

Vous pouvez également veiller à bien soigner votre peau et à vous alimenter sainement. Aux pages 39 et suivantes de la brochure susmentionnée, vous trouverez en outre des informations sur l’autogestion. Votre thérapeute en drainage lymphatique pourra également vous montrer des exercices qui renforcent le flux lymphatique et vous aider à améliorer votre mobilité.

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Amputation des seins en cas de mutation BRCA1 ?

Messagepar admin » lun. 8 nov. 2021 11:56

Question de yani14
J’ai eu un carcinome luminal B HER2 positif, tumeur de 9 mm, dans le sein droit, il a été opéré et n’a pas disséminé. Maintenant, je suis sous chimio et je dois décider si je veux me soumettre à l’ablation des seins ou à des contrôles fréquents, car la mutation BRCA1 a été détectée a posteriori. Si je me décide pour l’ablation des deux seins, je n’aurai pas besoin de radiothérapie. Sur krebshilfe.de, je trouve l’information suivante : ‘Le sein malade peut être opéré de manière conservatrice, puis traité par radiothérapie. Le risque de développement d’une nouvelle tumeur (récidive) n’est pas plus élevé que chez une femme qui n’a pas la mutation.’ Mais mes médecins me disent qu’il reste un risque pour les deux seins malgré la radiothérapie. -?-

Réponse de Mme Laura Knabben, Dr med., cheffe de la clinique universitaire de gynécologie-obstétrique, Hôpital de l’Île.
Bonjour
Avant de prendre votre décision, vous souhaitez élucider l’impact de la mutation BRCA1 dans votre cas. Il faut considérer cette question séparément pour le sein touché et le sein intact et faire aussi la différence entre une récidive et une nouvelle maladie :

Votre sein droit était touché par une tumeur. Vous êtes actuellement sous chimiothérapie. Ensuite, vous pouvez choisir entre une opération conservatrice suivie d’une radiothérapie ou une ablation complète du sein. En cas d’ablation complète du sein, la radiothérapie n’est en général pas nécessaire. Pour ce qui est de la survie, il n’y a pas de différence entre les deux procédés. La mutation BRCA ne joue aucun rôle dans ce cas.

Votre sein gauche est en bonne santé. Mais comme vous avez une mutation BRCA1, vous avez un risque plus élevé que la population moyenne que ce sein développe, lui aussi, un cancer. Ce risque de nouvelle tumeur dans le sein gauche persiste et l’ablation du sein en bonne santé le réduit énormément. En général, cela se fait de nos jours en conservant le mamelon et la peau, de sorte que la reconstruction peut avoir lieu au cours de la même intervention (implant en silicone ou tissus de la patiente). Votre choix de traitement pour le sein déjà malade n’a pas d’influence là-dessus.

La décision que vous devez prendre influencera durablement votre vie. Certaines femmes font appel au soutien d’un-e médecin spécialiste ou d’un-e psycho-oncologue pour prendre cette décision. Les grands centres de traitement proposent des consultations spécialisées dans le BRCA.

Vos médecins vous ont certainement aussi parlé du risque accru de cancer des ovaires lié à la mutation BRCA1. Étant donné qu’il n’y a pas d’examen de dépistage suffisamment fiable pour cette tumeur, l’ablation « préventive » des ovaires est conseillée aux femmes concernées à partir de 40 ans.


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