2012 - cancer et sexualité au féminin

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2012 - cancer et sexualité au féminin

Messagepar admin » mar. 5 juin 2012 16:25

Mme Monika Bénayat, Dr med., gynécologue, cabinet Gutenbergstrasse 21, 3011 Berne, répond à vos questions:


Ces réponses correspondent à une prise de position générale. Elles ne remplacent pas les conseils personnalisés d’un médecin spécialiste. Les noms de médecins, établissements de traitement et produits ne sont pas cités dans un but publicitaire ni de recommandation. Ils se bornent à indiquer des sources d’information.

Quelques questions et réponses ont été traduites dans une autre langue nationale. Si vous avez des questions complémentaires, veuillez vous adresser aux conseillères spécialisées de la Ligne InfoCancer, au numéro gratuit 0800 11 88 11, ou par e-mail à helpline@krebsliga.ch.



Question de Michel:
Bonjour, Mon amie a un cancer de la vulve. Elle m'a dit que le chirurgien devait "tout" lui enlever. Qu'est-ce que ça veut dire? Ressentira-t-elle encore quelque chose lorsque nous ferons l'amour? Quelle apparence physique aura-t-elle? Merci pour vos explications!

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Michel,
Un cancer de la vulve avec ablation totale de celle-ci est une expérience très difficile pour une femme. Il existe des reconstructions, mais l’innervation n’est plus la même.
Si votre amie est d’accord, accompagnez-la lors de son prochain rendez-vous chez le médecin. Il sera plus à même de vous décrire quelle opération est indiquée chez votre amie. A l’aide de schémas, photos, descriptifs il pourra vous expliquez les conséquences physiques de l’opération.
La ligue contre le cancer a édité une brochure intitulée
Cancer et sexualité au féminin vous y trouverez quelques pistes de réflexion et des adresses pour obtenir du soutien et des conseils.
Votre amie a besoin de tout votre soutien durant cette très lourde épreuve. Tant physiquement que moralement votre compagne traversera de pénibles étapes. Afin de gérer au mieux cette période éprouvante pour vous deux, il est nécessaire que vous vous accordiez aussi de l’attention. La brochure
Accompagner un proche atteint de cancer vous donne des informations relatives à l’accompagnement et les difficultés rencontrées.
Dans le Forum de la ligue contre le cancer sous
Cancer de la vulve, « Loulou49 » vous trouverez un témoignage très intéressant.


Question de Schaila:
Je souffre du cancer de l'intestin et reçois une chimiothérapie. En ce moment, je n'ai pas du tout envie de sexe. Comment puis-je expliquer ça à mon mari sans le vexer? Pouvez-vous me donner quelques conseils? Merci d'avance et meilleures salutations. Schaila

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Schaila,
Je peux très bien comprendre que vous n'ayez pas envie de sexe en ce moment. Face à un cancer, c'est normal et fréquent de n'avoir presque plus aucun intérêt pour les relations sexuelles.
Essayez tout d'abord de savoir exactement quels sont vos sentiments et vos désirs. Peut-être cela vous plairait-il si votre mari vous prenait simplement tendrement dans ses bras ou si vous passiez ensemble une soirée intime à la lueur des bougies etc. Expliquez-lui comment vous vous sentez en ce moment et quels sont les désirs sexuels au premier plan pour vous actuellement. Demandez-lui aussi quelles sont ses envies sexuelles actuelles. Peut-être que celles-ci peuvent être comblées autrement que par un rapport sexuel. L'amour et le couple sont beaucoup plus que la sexualité. Dans la brochure
cancer et sexualité au féminin vous trouvez beaucoup de recommandations et de conseils sur la manière d'avoir une sexualité satisfaisante malgré le cancer.
S'il vous est difficile d‘en parler directement à votre mari, n'hésitez pas à faire appel à une aide professionnelle. Votre équipe traitante ou la
ligue contre le cancer de votre canton peut, en cas de besoin, vous référer à un spécialiste (conseiller sexuel, thérapeute de couple, psycho- oncologue etc.).


Question de Saali:
J'ai un cancer du sein et suis traitée par la chimiothérapie. Mon désir de tendresse et de caresses est grand, mon partenaire voudrait un rapport sexuel. Je sais que le cancer n'est pas contagieux, mais les médicaments chimiothérapeutiques ne pourraient-il pas être transmis à mon partenaire, par exemple par les muqueuses? Merci de votre réponse.
Meilleures salutations, Saali

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Saali,
Il est important pour votre bien-être psychique et physique que vous assumiez votre désir de tendresse et que vous puissiez aussi en parler à votre partenaire. Êtes-vous prête à aller plus loin et désirez-vous aussi un rapport sexuel? La sexualité peut être vécue et expérimentée de manière très variée, le rapport sexuel en est seulement une partie.

Vous n'écrivez pas quel âge vous avez, c'est pourquoi je voudrais vous parler brièvement du thème de la contraception.
Pendant le traitement par la chimiothérapie, il faut absolument éviter une grossesse, car les médicaments peuvent endommager le fœtus et entraîner des malformations. Vous avez raison, le cancer n'est pas contagieux. Mais dans le liquide vaginal, il peut se trouver des traces de médicaments anticancéreux qui pourraient éventuellement irriter les muqueuses de votre partenaire. On ne sait pourtant pas grand-chose à ce sujet actuellement. Malgré tout, votre partenaire devrait se protéger avec un préservatif pendant tout le temps de votre traitement et jusqu'à une semaine après.



Question de Hüsli:
Mon mari a un lymphome et reçoit une chimiothérapie. Nous faisions notre planning familial. Maintenant, avoir un enfant semble projeté dans un avenir lointain. Nous sommes très tristes. Combien de temps devons-nous encore attendre encore jusqu'à ce que je puisse devenir enceinte? Merci de votre réponse.

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Hüsli,
Je peux bien comprendre que la situation en ce moment soit très pénible pour vous et pour votre partenaire. La plupart des médicaments utilisés dans le traitement du cancer peuvent, pendant et aussi encore un certain temps après le traitement, occasionner des malformations de l'embryon et plus tard du fœtus. C'est pourquoi il est conseillé d'éviter absolument une grossesse en utilisant une méthode fiable pendant et après un traitement anticancéreux. La période de contraception recommandée est différente et varie de quelques mois à deux ans suivant le médicament. Parlez-en
au médecin traitant. Les cytostatiques sont éliminés par l'urine et les fèces. Selon le médicament, le temps nécessaire pour que celui-ci soit excrété peut être très variable. De faibles traces de cytostatiques peuvent aussi être contenues dans le sperme. Celles-ci peuvent par exemple irriter la muqueuse vaginale et occasionner des douleurs.
Pour empêcher le contact du sperme avec les muqueuses, on conseille aux hommes qui prennent une chimiothérapie d'utiliser un préservatif en plus de la méthode contraceptive hormonale de leurs partenaires.



Question de Madame S:
Bonjour Madame Bénayat,
Il y a environ un an, on a enlevé à ma mère son sein gauche. Tout est parfaitement cicatrisé et ma mère va bien aujourd'hui. De temps en temps elle se plaint pourtant de douleurs dans le sein gauche, comme si celui-ci existait encore. Ma mère peut-elle faire quelque chose contre ces douleurs ? S'agit-il éventuellement d'un effet secondaire des médicaments que ma mère doit prendre contre le cancer du sein?
Meilleures salutations, E. S.

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Madame S.
Les douleurs que vous décrivez ne sont pas typiques des médicaments utilisés pour traiter le cancer du sein. En raison de cette description, je suppose qu'il pourrait s'agir d'une douleur fantôme. Pour en être tout à fait sûre, votre mère devrait décrire ses douleurs à son médecin traitant. S'il s'agit vraiment d'une douleur fantôme, il existe différentes possibilités de la soulager. Parfois, des mesures de kinésithérapie ou l'acupuncture peuvent aider. Chez certaines personnes, les stimulations électriques ou encore les antidépresseurs peuvent contribuer à atténuer ces douleurs fortes qui apparaissent périodiquement.



Question de benjji:
Bonjour,
J’ai une sonde alimentaire (sonde PEG) et cela me gêne beaucoup dans mes rapports sexuels. Serait-il possible que le petit tuyau vienne un peu moins nous déranger? Merci de votre réponse.

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour benjji,
Pour commencer, je voudrais brièvement expliquer pour les autres lecteurs ce qu’est une sonde alimentaire PEG. La gastrostomie percutanée endoscopique (PEG) consiste à relier directement la paroi abdominale et l’estomac dans un but d’alimentation artificielle. La sonde alimentaire est introduite dans l’estomac via la paroi abdominale au moyen d’un endoscope. Une collerette à l’extrémité de la sonde alimentaire empêche que celle-ci soit entièrement tirée vers l’extérieur à travers la paroi abdominale. Une seconde collerette garantit que la sonde ne glisse pas dans l’estomac. Un tuyau d’environ 15-20cm de long sort au niveau de la collerette extérieure.
Vous n’êtes pas la seule à avoir ce problème. Le petit tuyau peut gêner de diverses façons. Il modifie l’image corporelle et peut entraver l’échange de caresses.

Si la vue de la sonde vous dérange, vous pouvez masquer le tuyau. Donnez libre cours à votre créativité. Recouvrez-le par exemple au moyen d’un joli linge, en tissu imprimé ou ouvragé, éventuellement avec de la dentelle, que vous nouerez autour de votre ventre, ou d’une large ceinture. Je suis sûre que d’autres variantes vous viendront encore à l’esprit.

Chez de nombreux couples, une « position favorite » se dessine au fil des années. Si le tuyau s’avère désagréable ou entraîne des douleurs lors des relations intimes, il est bon d’essayer une autre position. On peut dire en principe la chose suivante : toute forme de contact sexuel qui procure de la satisfaction aux deux partenaires est positive, même si elle peut apparaître insolite.

Une sexualité vécue en commun ne consiste pas seulement en rapports sexuels, elle implique aussi toute autre forme de tendresse et de contact corporel. Ce faisant, le corps tout entier est réceptif à des attouchements tout à la fois affectueux et excitants. Les essais peuvent englober tous les sens disponibles, car tous peuvent contribuer à la satisfaction sexuelle.



Question de Tom:
Mon ami et moi n’avons jamais parlé de sexualité. C’était un domaine dans lequel nous nous sommes toujours bien entendus. Aujourd’hui, après le cancer de la prostate de mon partenaire, nous n’abordons toujours pas le sujet. Les traitements n’étant pas encore terminés, je pense qu’il n’a peut-être aucune envie de sexe. Je me demande si cela va rester ainsi? Je n’arrive pas à voir clairement quelle influence les traitements anticancéreux peuvent avoir sur la sexualité. Ni de quoi nous devons parler. Je veux lui apporter un soutien et ne pas le perturber avec mes questions. Dites-moi comment je peux lui parler et ce que je peux lui dire? Ou bien dois-je attendre jusqu’à ce que mon ami aborde le sujet? Merci d’avance pour votre réponse !

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Tom,
Durant les traitements, l’intérêt pour la sexualité est souvent fortement réduit. Cette réaction est tout à fait normale. Il est compréhensible que vous ne vouliez pas stresser votre partenaire par vos questions. Son bien-être est toutefois très important pour vous. Une discussion franche, qui tient compte des sensibilités de chacun, peut permettre de prendre conscience des besoins réciproques. Expliquez-lui dans quel état d’esprit vous êtes en ce moment et questionnez-le sur ses souhaits et ses attentes en matière sexuelle. Peut-être est-il aussi possible d’y répondre autrement que par des rapports sexuels. L’amour et la relation de couple vont bien au-delà de la sexualité. La Ligue suisse contre le cancer a publié une brochure intitulée
Cancer et sexualité au masculin, qui pourra vous donner des conseils pour entamer une discussion de ce genre.

Dans la brochure
Le Cancer de la prostate, vous trouverez des informations sur la maladie et les types de traitement. Cela vous permettra éventuellement de mieux comprendre la situation dans laquelle se trouve momentanément votre ami.
Il se peut aussi que votre partenaire ait tout simplement besoin de temps pour affronter cette nouvelle situation.

Un entretien avec un professionnel – un psycho oncologue, par exemple – pourrait être également bénéfique. Demandez à l’équipe thérapeutique ou à
la Ligue de votre région des noms et des adresses.


Question de Johanna:
Un cancer du col de l’utérus a été diagnostiqué chez notre fille, et elle doit être opérée la semaine prochaine. Notre fille a un garçon de trois ans; or, elle-même et son mari voulaient avoir un deuxième enfant. Cela sera-t-il encore possible après l’opération? Puis-je encore laisser de l’espoir à notre fille si elle aborde ce sujet? Nous avons une bonne relation mère-fille et nous discutons de beaucoup de choses l’une avec l’autre.

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Johanna,
C’est bien que votre fille puisse compter sur vous.
Je suppose qu’il s’agit d’un stade précancéreux au niveau de la muqueuse cervicale, qui peut être éliminé par conisation.
Dans le cas de la conisation, on ne procède à l’ablation que d’un fragment du col de l’utérus en forme de petit cône. Après une conisation, on peut être normalement enceinte et mettre un enfant au monde. Le risque de naissance avant terme est toutefois accru. Le niveau de ce risque dépend de la technique opératoire employée. La question du désir d’enfant est déterminante pour le choix de la méthode opératoire. Cela a certainement été discuté lors de l’entretien d’information qui a eu lieu avant l’opération. Ce qui est important pour votre fille, c’est de demander quelle technique opératoire (bistouri, bistouri électrique ou laser) est prévue pour la conisation. Le taux le plus faible de naissance avant terme est obtenu avec la conisation au laser. Un facteur important réside en outre dans le laps de temps qui s’écoule entre l’opération et une grossesse ultérieure. Les grossesses qui surviennent dans les trois premiers mois suivant une conisation sont particulièrement à risque.

Si la conisation ne suffit pas pour éliminer la lésion tissulaire, on peut éventuellement envisager, en cas de désir d’enfant, une ablation partielle de l’utérus, appelée trachélectomie.



Question de Sternschnuppe75:
Bonjour Docteur,
Il y a environ un an et demi, j’ai subi une conisation avec ablation de l’utérus en raison d’un cancer du col de l’utérus. Un certain temps s’est écoulé avant que je sois de nouveau prête à avoir des relations sexuelles avec mon ami. Par rapport à la situation avant l’opération, je n’éprouve plus aujourd’hui aucun orgasme. Est-ce la même chose pour d’autres femmes?

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Sternschnuppe75,
Après la survenue d’un cancer et la perte d’un organe sexuel, il arrive souvent que la douleur émotionnelle liée à cette situation fasse diminuer l’intérêt pour la sexualité. Cela arrive aussi à d’autres patientes atteintes de cancer. Il faut du temps avant que la confiance dans son corps soit rétablie et que les sensations sexuelles soient à nouveau présentes. Vous trouverez des informations sur la question de la sexualité féminine en consultant la brochure

Cancer et sexualité au féminin.
Dans de rares cas, une lésion nerveuse peut provoquer une disparition (passagère) ou une dégradation des zones érogènes, ce qui peut retentir sur la sensibilité habituelle.
Demandez à votre médecin si cela pourrait être votre cas. Les nerfs ont en fait une propriété surprenante: celle de pouvoir se restaurer ou de pouvoir établir de nouvelles connexions; ou bien encore d’autres nerfs reprennent la fonction de ceux qui ont été lésés. Cela demande toutefois du temps: au minimum plusieurs mois.



Question de Susanne:
Bonjour,
Ma demande de tendresse et de caresses n’est plus aussi intense depuis le diagnostic de cancer des ovaires. Au contraire, je voudrais en fait écarter tout ce qui a à voir avec attouchements et sexualité. Mon mari faisait preuve de compréhension après l’opération et les traitements, mais maintenant, nous nous disputons de plus en plus souvent parce que je me retire. Des changements hormonaux peuvent-ils être responsables du fait que je n’éprouve plus d’envie?

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Susanne,
Un cancer bouleverse l’âme et le corps, et s’accompagne de nombreuses expériences douloureuses; cela se répercute sur tous les domaines de la vie. Il arrive fréquemment que des patientes comme vous vivent une sexualité ralentie, en particulier après une opération et pendant les traitements. La perte des ovaires – et par là-même des hormones qui sont produites dans les ovaires – y contribue. La régulation hormonale, nos sensations et nos pensées sont couplées avec notre ressenti sexuel. Il se passe du temps avant que les douleurs émotionnelles soient surmontées et que la confiance dans notre propre corps soit rétablie. Ne vous mettez pas sous pression. Peut-être qu’une discussion ouverte et confiante avec votre partenaire serait-elle bénéfique. En le questionnant sur ses attentes et en exprimant vos souhaits, vous pourrez peut-être explorer de nouvelles voies de sexualité. Si vous avez du mal à entamer une discussion commune, un accompagnement professionnel serait judicieux. Vous trouverez des informations précieuses sur ce sujet dans la brochure de la Ligue suisse contre le cancer intitulée
Cancer et sexualité au féminin.


Question de Sonnenblume :
Bonjour Docteur,
En 2006, j’ai subi une ablation du sein gauche suite à un carcinome mammaire, après quoi je me suis soumise à une chimiothérapie et une antihormonothérapie au Zoladex. N’ayant pas supporté le Zoladex, on m’a retiré la matrice et les ovaires en 2008. Depuis, j’ai beaucoup de problèmes sexuels. Je souffre de sècheresse vaginale, de sorte que j’ai sans cesse des inflammations (atrophies). J’ai essayé plusieurs pommades et ovules, sans succès. Mon gynécologue pense que je devrais me résigner. Il est impensable que je doive renoncer à la sexualité à mon âge (48 ans) et risquer ainsi de compromettre ma relation à mon mari. Je suis très triste et espère que vous pourrez m’aider. Je vous remercie d’ores et déjà chaleureusement de votre réponse et vous adresse mes meilleures salutations.

Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Sonnenblume,
Votre situation actuelle est en effet frustrante et décevante.

L’ablation des deux ovaires a engendré une carence en œstrogènes. C’est pourquoi vos muqueuses vaginales sont maintenant fines et vulnérables. La privation d’œstrogènes provoque des troubles de l’hydratation vaginale pendant les relations sexuelles, ainsi que de la sécheresse et des démangeaisons. Les différentes pommades et ovules soulagent généralement. Ce n’est cependant pas le cas pour vous. Je comprends très bien que vous ne puissiez et ne vouliez pas vous résigner. Serait-il possible que la cause de votre sécheresse vaginale soit plus profonde ? Peut-être la pénétration vous fait-elle peur en raison des douleurs qu’elle génère. Une sexualité partagée ne se limite pas à la pénétration ; le coït n’est pas la seule forme d’expression d’une relation aimante entre deux personnes. Tout le corps est réceptif à des caresses tendres et excitantes. L’acte sexuel devrait englober tous les sens dont nous disposons (la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, etc.).

Une affection cancéreuse et ses traitements peuvent beaucoup changer ce qui sécurisait auparavant.

En tant que femme, comment vous sentez-vous aujourd’hui comparativement au passé ? Avez-vous l’impression de ne plus être désirable ? Est-il possible que ce soit également une cause de votre réaction corporelle actuelle ? Y a-t-il des situations où vous vous sentez excitée et où votre vagin et votre vulve se lubrifient ? Si oui, serait-il possible de reproduire cette situation quand vous désirez avoir des relations sexuelles avec votre mari ?

Contrôlez si certaines caresses vous excitent et partagez vos expériences avec votre mari. Vous pouvez également échanger des caresses sans pénétration.

Un sexologue peut vous conseiller d’autres possibilités de retrouver une vie sexuelle satisfaisante. Un ou une gynécologue peut vous fournir des adresses.



Question de Maya:
Bonjour,
Je ne suis pas atteinte d’un cancer mais je souffre d’incontinence. Il m’arrive même de perdre de l’urine pendant les relations sexuelles, ce qui est très gênant et perturbe ma vie sexuelle. Y a-t-il quelque chose à faire???
Merci à l’avance. Maya


Réponse du Dr Monika Bénayat:
Bonjour Maya,
L’émission involontaire d’urine peut avoir des effets négatifs sur la vie sexuelle.
L’incontinence urinaire peut être pénible. En tant que femme, on se sent indésirable et on a honte. Cela peut même conduire à éviter les relations sexuelles.
En cas d’incontinence d’effort, des émissions involontaires peuvent survenir quand le pénis touche et tend la paroi vaginale antérieure, de même que pendant l’orgasme. Ceci est généralement dû à une perte de contrôle, étant donné que le muscle de la vessie est sollicité. Cela peut même arriver à des jeunes femmes qui ne sont pas atteintes d’incontinence.

Des traitements conservateurs peuvent être efficaces en cas de légère faiblesse du plancher pelvien. Ils permettent de le renforcer par de la gymnastique ciblée et d’améliorer ainsi la fonction sexuelle. Il existe également des méthodes médicamenteuses ou chirurgicales. Demandez l’avis de votre gynécologue sur la méthode la plus appropriée pour vous.

Une sexualité épanouie est cependant possible avec une incontinence urinaire. Vous pouvez vous y préparer en couple:
• A l’aide d’un protège-matelas pour incontinence et de linges.
• En vidant la vessie au préalable.
• Les positions dans lesquelles la vessie subit le moins de pression sont plus avantageuses et aident à éviter les pertes urinaires involontaires.

Il est rassurant de savoir que l’urine est pratiquement exempte de germes et n’est pas une source d’infection.

Encore un conseil pour éviter les infections des voies urinaires : Aller aux toilettes après les relations sexuelles a un effet préventif. L’urètre féminin étant court, les agents pathogènes transportés par la muqueuse pendant l’acte sexuel peuvent plus facilement l’atteindre. En allant aux toilettes «après», vous les éliminez et prévenez ainsi une inflammation de la vessie.

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