2016 - Equipe InfoCancer

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2016 - Equipe InfoCancer

Messagepar admin » mer. 10 févr. 2016 17:09

L'équipe d'InfoCancer répond à vos questions.

Ces réponses correspondent à une prise de position générale. Elles ne remplacent pas les conseils personnalisés d’un médecin spécialiste. Les noms de médecins, établissements de traitement et produits ne sont pas cités dans un but publicitaire ni de recommandation. Ils se bornent à indiquer des sources d’information.

Quelques questions et réponses ont été traduites dans une autre langue nationale. Si vous avez des questions complémentaires, veuillez vous adresser aux conseillères spécialisées de la Ligne InfoCancer, au numéro gratuit 0800 11 88 11, ou par e-mail à helpline@krebsliga.ch.



Question de Fairdinkum:
Il y a trois ans très exactement, on m’a diagnostiqué un double carcinome du côlon (T2 & T3). Au cours des trois années qui ont suivi, j’ai notamment subi les traitements suivants:
- 4 anesthésies générales (opération du carcinome de sept heures et demie, cathéter à chambre implantable, hernie cicatricielle, iléus de l’intestin grêle par strangulation)
- 8 anesthésies au propofol, la plus longue étant de trois heures
- Folfox 4 pendant 6 mois/12 cycles
- 1 angine de poitrine (effet indésirable de la chimiothérapie, nouveau médicament suite à des réactions toxiques sous Folfox)
- 7 scanners plus quelques radiographies
Physiquement et psychiquement, je suis en forme. Je cours environ 50 km par semaine en endurance (FC 120), vis sainement, ne mange pas de viande depuis plus de 20 ans et consomme peu de denrées d’agrément. Mes valeurs sanguines sont bonnes, mes scanners et mes coloscopies sont aussi satisfaisants. Je prends uniquement des compléments de vitamine D3 et B12, car mes valeurs sont un peu trop basses.
Je souffre toujours de polyneuropathie, qui constitue un effet indésirable «normal», mais je m’en accommode sans problème. Par contre, je suis toujours fatigué/épuisé et je ne suis plus en mesure d’effectuer mon travail, qui est exigeant; je n’arrive pas à dépasser un taux d’activité de 20 à 30%. Les tâches qui demandent de la concentration me fatiguent énormément. Pour les médecins, j’ai une période extrêmement difficile derrière moi, mais aucun ne peut me dire s’il est normal que je me sente toujours épuisé. Merci beaucoup de votre réponse!

Réponse de l’équipe de la ligne InfoCancer :
Bonjour Fairdinkum
La fatigue chronique est un symptôme – ou effet indésirable – très fréquemment associé aux affections malignes. Il est normal que vous en souffriez.

On estime que 60 à 100% des personnes atteintes de cancer sont touchées au cours de la maladie; chez 25 à 35% d’entre elles, il s’agit d’une séquelle durable. Vous n’êtes donc pas une exception.

De nombreuses études montrent que l’activité physique peut atténuer les symptômes de la de fatigue. Vous avez donc adopté le bon remède.

En complément, un soutien psycho-oncologique peut avoir un effet positif sur les symptômes de la fatigue, par exemple si vous vous fatiguez rapidement ou si vous avez du mal à vous concentrer au travail. Un ou une psycho-oncologue peut vous aider à gérer les conséquences psychologiques d’un cancer. Adressez-vous à la
«Ligue contre le cancer de votre région» ou à votre oncologue pour obtenir des adresses de cabinets de psycho-oncologie.

Notre brochure
«Fatigue et cancer» s’adresse à vous ainsi qu’aux nombreuses personnes atteintes de cancer qui souffrent de fatigue chronique.


Question d’Anita:
Bonjour, chère équipe d’experts.
Suite à une biopsie, ma gynécologue m’a informée hier que les modifications tissulaires constatées au niveau du col de l’utérus constituent le stade ultime avant l’apparition d’un cancer. J’ai ce «problème» de modifications tissulaires depuis quelques années déjà, mais il semblerait que ces altérations aient empiré ces derniers temps au point où elles risquent d’évoluer vers un cancer. Ma gynécologue me conseille de ne pas procéder à l’ablation de tout l’utérus; elle estime qu’il suffit de retirer le tissu atteint car l’utérus a une fonction de soutien et ne devrait donc pas être enlevé si ce n’est pas absolument indispensable. J’ai vu une photo de la zone touchée prise lors de la biopsie; on y reconnaît le fil de la spirale et on voit tout autour le tissu atteint, qui tire sur le blanc.
Ma question: suffit-il vraiment d’enlever uniquement le tissu atteint? Ne faudrait-il pas retirer l’utérus dans sa totalité? (J’ai 50 ans, je n’ai jamais eu de cancer personnellement, mais il y a des antécédents dans la famille – grands-parents, cancer du poumon, leucémie, etc. Je n’ai pas d’enfants et n’envisage pas d’en avoir.)

Réponse de l’équipe de la ligne InfoCancer :
Bonjour Anita,
L’échantillon de tissu prélevé au niveau du col de l’utérus lors de la biopsie montre que la modification de tissu, ou dysplasie, a continué à progresser et que le risque qu’elle évolue vers un cancer est accru. Votre gynécologue vous propose une intervention chirurgicale pour enlever uniquement la partie de tissu atteint. Vous nous demandez à présent s’il suffit réellement de n’enlever que la partie touchée et s’il ne vaudrait pas mieux procéder à une ablation de tout l’utérus.

En tant que collaboratrices d’une institution non médicale, nous ne pouvons pas répondre à cette question. Mais peut-être les informations ci-après vous aideront-elles à prendre votre décision.

Les modifications de tissus au niveau du col utérin sont généralement dues à une infection par un papillomavirus humain (HPV). Dans pareil cas, on enlève le tissu touché en prélevant un fragment en forme de cône; dans le jargon spécialisé, on parle de conisation. Cette intervention ne permet pas de prévenir une nouvelle contamination par un HPV ni de nouvelles modifications tissulaires de haut grade au niveau du col de l’utérus. L’expérience montre toutefois que 93% des femmes concernées ne développent pas de nouvelles modifications tissulaires après une telle opération, sans que l’on sache toutefois exactement pourquoi.

Ces informations vous sont-elles utiles ou vous sentiriez-vous plus en sécurité si on procédait à l’ablation de tout l’utérus? Dans ce dernier cas, discutez encore une fois avec votre gynécologue pour que vous puissiez déterminer ensemble quelle intervention chirurgicale constitue la meilleure solution pour vous.



Question de patca18
Bonjour,
Ma maman : 65 ans. Octobre 2015 : fortes nausées, 10 jours d'hôpital à attendre que qqn la prenne au sérieux. Du coup, dénutrition. Enfin, tumeur trouvée sur le pancréas, transfert au CHUV. Renutrition durant 1 mois... Novembre 2015 : opération de Whipple, tumeur entièrement enlevée. 1 semaine après, 1 suture lâche, opération d'urgence, forte hémorragie, choc septique. 2 semaines aux soins intensifs sous respirateur, pronostic vital engagé. Décembre 2015 : elle ressort de tout ça, battante ! Longue récupération difficile. Dans l'intervalle, nous apprenons que c'est un cancer du pancréas, 4 ganglions sur 25 prélevés sont atteints. Elle ne sait rien, son état est trop faible. Février 2016 : encore au CHUV, des abcès sous la cicatrice. Elle a retrouvé ses fonction, elle est consciente de tout. Mais on nous refuse de voir des oncologues tant qu'elle est hospitalisée. On perd un temps fou, je ne sais pas comment faire pour nous faire entendre et avancer ....

Réponse de l’équipe de la Ligne InfoCancer:
Bonjour patca18,
La situation que vous vivez est extrêmement difficile. L’état de santé de votre maman vous occasionne de grands soucis, de même que les différents incidents médicaux dont tout le monde se serait bien passé. De la voire ainsi souffrir vous fait très mal. A tout cela s’ajoute-le fait que vous vivez avec le secret de connaitre le diagnostic de l’état de santé de votre maman, qui elle, l’ignore.
L’opération que votre maman a subie est conséquente. Les examens avant l’opération et l’analyse des ganglions ont révélé un cancer du pancréas.
Le premier traitement oncologique de votre maman a été l’opération. Avant de mettre en route un traitement oncologique suivant, il faut attendre une bonne cicatrisation de la plaie opératoire, que les abcès se résorbent et guérissent et que votre maman aie plus de force.
L’attente est longue, se sentir impuissante et avoir l’impression de perdre du temps est dure.
Pour vous aider à traverser au mieux cette épreuve, demandez à votre maman ce que vous pouvez faire pour elle, ce qui lui ferait plaisir, et dans la mesure du possible, exaucez ses désirs. Parfois un simple massage des pieds ou faire la lecture allège le poids de la situation.
Meilleures salutations, force, courage et patience à vous et à votre maman.



Question de Gilberta
Après une reconstruction mammaire par lambeau Diep réalisée en novembre que je ne regrette absolument pas, j’ai constaté que, lorsque je mange, mon bas-ventre fait très nettement saillie dès que j’absorbe l’équivalent d’un volume de 3 dl. Je dois alors m’allonger pour qu’il revienne à son état normal, voire mettre la gaine que j’ai dû porter pendant six semaines après l’opération pendant une heure pour que je me sente bien. Avant l’opération, je n’avais pas ce problème. Je peux bien évaluer la situation, car je suis assez mince et je l’étais aussi avant. La paroi abdominale n’est-elle plus aussi forte qu’avant ? Lorsque je mange peu ou rien, tout va bien. Que puis-je faire ? Y a-t-il des exercices qui pourraient m’être utiles ? Merci beaucoup de votre réponse.

Réponse de l’équipe de la Ligne InfoCancer:
Bonjour Gilberta,
Nous sommes heureuses que, malgré vos problèmes de digestion actuels, vous ne regrettiez pas d’avoir opté pour une reconstruction mammaire.
Votre sein a été reconstruit avec un lambeau de peau et de graisse sous-cutanée prélevé entre le nombril et le pelvis.
La tension que vous ressentez après avoir mangé est probablement liée à une perte d’élasticité du bas-ventre consécutive à la reconstruction du sein.
Lorsque l’on pratique une reconstruction au moyen de la technique dite du lambeau DIEP, le fragment de tissu abdominal greffé comporte uniquement de la peau et de la graisse, mais pas de muscle : le muscle grand droit de l‘abdomen est laissé en place par le chirurgien. Il est par conséquent très peu probable que vos troubles soient liés à un affaiblissement de la paroi abdominale et que vous puissiez les soulager par des exercices en vue de renforcer la musculature abdominale.
Prenez contact avec le chirurgien plastique et décrivez-lui votre problème. Il pourra vous conseiller.



Question de geomud
Bonjour,
Mon ancien collègue, 59 ans est traité depuis une quinzaine d"années pour un manque de plaquettes dans le sang; plusieurs transfusions. Depuis deux mois et demi il est traité à l'hopital en région parisienne suite à un fort malaise, il a fait depuis deux crises d'epilepsie, ne mange pas, aucun appétit et est traité pour une épathite. il a semble t'il également un hematôme dans la boite cranienne. D'après le médecin son état est compliqué, dégradé de manière générale, mais je n'ai pu obtenir plus de détails, ses parents étant très âgés, sont journellement a son chevet. Etant inquiet sur son état de santé, pourriez vous m'apporter des imformations sur ces symptômes ?
en vous en remerciant. G.M

Réponse de l’équipe de la Ligne InfoCancer:
Bonjour,
Vous nous écrivez car vous vous faites du souci pour votre ancien collègue et vous aimeriez des informations sur ses symptômes.
Un manque de plaquettes dans le sang (thrombopénie) peut avoir plusieurs causes.
Par exemple une atteinte de la moelle osseuse, une maladie auto-immune, une infection au VIH, une leucémie, un déficit en vitamine B12 ou la prise de certains médicaments. Cette liste n’est pas exhaustive.
Selon sa gravité, la thrombopénie peut être le symptôme de l'aggravation d'une maladie sous-jacente. Est-ce le cas chez votre collègue ?
Au-dessous d’un certain taux, il existe un risque d’hémorragie grave et imprévisible. Ceci expliquerait-il l’hématome dans la boîte crânienne ?
Comme vous le constatez nous ne pouvons que faire des suppositions sur la cause d’une partie des troubles que votre collègue présente. Et comme nous ne sommes pas un service médical, nous ne pouvons poser un diagnostic, ni recommander aucun traitement, et ne pouvons en aucun cas remplacer un entretien avec un médecin.



Question de dansta
Il y a un an, on m’a enlevé chirurgicalement une tumeur maligne du sein. Aujourd’hui encore, des douleurs subsistent («lancées» dans le sein, épisodiquement des sortes de brûlures, également). Les médecins sont d’avis que celles-ci vont s’atténuer. Combien de temps cela peut-il durer? Après avoir dû arrêter le tamoxifène, on m’a prescrit de l’Arimidex. Les douleurs articulaires se font parfois très aiguës. Je ne souhaite pas recourir aux antidouleurs. Existe-t-il des méthodes qui pourraient me procurer un soulagement? Quelles ont été les expériences d’autres personnes touchées?

Réponse de l’équipe de la Ligne InfoCancer:
Depuis votre opération, vous souffrez de douleurs au niveau du sein. Vous éprouvez également des douleurs articulaires que vous attribuez à la prise d’Arimidex. Vous recherchez des solutions non-médicamenteuses pour calmer la douleur et vous souhaitez connaître l’expérience d’autres femmes touchées.
Certaines patientes ont recours aux méthodes de médecine complémentaire. D’autres parviennent à développer une nouvelle approche de la douleur à l’aide de techniques méditatives, d’exercices de relaxation et de pleine conscience tels la «réduction du stress basée sur la méditation de pleine conscience» (MBSR, Mindfulness Stress Reduction Therapy).
Les établissements médicaux ci-dessous proposent des consultations aux patients atteints de cancer souhaitant eux-mêmes entreprendre quelque chose en vue d’améliorer leur qualité de vie:
-
Institut de médecine complémentaire de l’Université de Berne
- Institut de médecine complémentaire et intégrative de l’Hôpital universitaire de Zurich
- Centre de médecine intégrative de l’Hôpital Cantonal de St. Gall
La Clinique Schützen de Rheinfelden propose, sur place, un soutien et un accompagnement pour aider à soulager la douleur.
La clinique Arlesheim propose quant à elle une orientation anthroposophique.


Question de sirene71:
Atteinte d’un cancer de l’estomac, ma mère a subi une gastrectomie totale il y a une année et demie et a dû adapter son alimentation à la suite de cette intervention. Lorsqu’elle cuisine elle-même ou qu’un membre de la famille le fait (beaucoup de produits frais, composition adéquate des mets, uniquement des produits « maison », sans agents conservateurs, beaucoup de salade, de fruits et de légumes, repas riches en protéines, etc.), elle arrive à maintenir son poids, ce qui est extrêmement important. Le problème, ce sont les séjours à l’hôpital ou dans des centres de cure. Bien que ma mère sache exactement ce qu’elle devrait manger, il n’est pas possible de tenir compte de ses souhaits dans ce type d’établissement. Cela constitue un grave problème, car récemment, alors qu’elle était en convalescence en clinique après un accident, elle a perdu trois kilos. Pour les proches, il est très pénible de la voir dépérir, et ce n’est pas bon pour sa santé. Existe-t-il des centres de cure ou de convalescence qui proposent des régimes spécifiques et qui pourraient offrir des repas sains, préparés avec des aliments frais (éventuellement moyennant des coûts supplémentaires) ?

Réponse de l’équipe de la ligne InfoCancer :
Bonjour,
Après une ablation de l’estomac, il est important que votre mère conserve un poids stable.
Une recherche auprès de
SwissReha , une association regroupant des cliniques de réadaptation en Suisse, a donné les résultats suivants : la clinique Arlesheim propose une cuisine saine , tout comme le Paracelsus Spital à Richterswil, par exemple. Ces deux établissements mettent l’accent sur une alimentation équilibrée, adaptée aux besoins des patients.
Renseignez-vous pour savoir si une de ces deux cliniques pourrait respecter le régime alimentaire de votre mère et si un séjour dans ces établissements pourrait être profitable à celle-ci.
Dans la région bernoise un
groupe d‘entraide pour les personnes ayant subi l’ablation de l’estomac à la suite d’un cancer est en phase de création. Des discussions avec d’autres personnes touchées pourraient apporter des informations supplémentaires sur des expériences positives faites avec des centres de cure et de convalescence.

Cordialement, l'équipe d'InfoCancer



Question d’Angela :
Bonjour,
Ma mère est atteinte d'un mésothéliome pleural malin. Elle a subi une opération de talcage pleural et c’est comme ça que la tumeur a été diagnostiquée. Maintenant, elle a commencé la chimiothérapie… Elle n’a fait qu’une seule séance et doit faire la deuxième le 7 juillet. J’ai peur… J’ai réussi à tenir le coup tout au long de ces derniers mois, d’avril à aujourd’hui, pour tout gérer, les médecins, l’ASL (Azienda sanitaria locale), l’INPS (Istituto Nazionale della Previdenza Sociale) , pour tout faire avec mes deux sœurs et ne pas dire toute la vérité à ma mère, qui est veuve et très anxieuse. Pour éviter qu’elle ne tombe en dépression… pour rester à ses côtés sans l’inquiéter plus que ça. Nous avons tout gardé à l’intérieur, parlant entre nous en cachette et annulant toute autre activité ou sortie. Depuis avril, nous ne vivons que pour le travail et maman… et maintenant, j’ai cette peur constante qui me serre les tripes, qui m’empêche de dormir, qui me rend CONSTAMMENT anxieuse malgré la valériane, les gouttes de fleurs de Bach et la fatigue… Nous n’arrivons plus à nous détacher de tout cela, ni à faire rien d'autre que le strict nécessaire pour travailler et nous occuper de maman.

Réponse de l’équipe de la ligne InfoCancer :
Bonjour Angela,
Depuis trois mois, vos sœurs et vous portez le poids de la maladie de votre mère et le souci constant de la protéger de la « vérité » pour préserver son équilibre psychologique. Vous travaillez toutes les trois et ne pouvez pas compter sur le soutien de votre père, qui est décédé. Vous prenez des remèdes naturels contre l’anxiété et l’insomnie. Vous vous sentez submergée et très fatiguée. Votre vie tourne autour des problèmes de santé de votre mère. Cette situation est très difficile et, à long terme, elle pourrait entraîner un épuisement psychophysique. Heureusement que vous ayez pris les devants, en écrivant sur le forum de la Ligue Suisse contre le cancer, pour exprimer votre mal-être.

Sachez tout d'abord que votre message illustre très bien ce que l’on peut ressentir lorsqu’un proche (un ami très cher ou un parent) souffre d’un cancer. En d’autres termes : vous n’êtes pas seule, la plupart des personnes qui ont un proche atteint du cancer nous disent qu’elles rencontrent les mêmes difficultés que vous.

Certains trouvent du réconfort dans les rencontres et les échanges organisés par les groupes régionaux d’entraide pour les familles des malades. D’autres bénéficient d’un soutien psycho-oncologique, c’est-à-dire qu’ils sont suivis par un professionnel. Ce dernier leur offre une écoute active, les aide à évaluer leur situation sous le bon angle et à activer leurs ressources personnelles et sociales pour faire face aux difficultés liées à la maladie de leur proche.

D’autres encore préfèrent parler des difficultés qu’ils rencontrent dans la lutte contre la maladie de leur proche avec une personne qui ne fait pas partie de leur famille ni de leur cercle d’amis, une personne neutre qui ne les voit pas et qui est soumise au secret professionnel, en téléphonant au numéro gratuit 0800 11 88 11 de la Ligne InfoCancer. Cette ligne est un espace d’accueil et d’écoute dédié aux personnes qui ont à faire face au cancer, qu’il s’agisse de patients, de membres de la famille ou d’amis.

Les personnes résidant en Italie peuvent contacter l’Associazione italiana malati di cancro, parenti e amici (Association italienne pour malades du cancer, parents et amis).



Question d’Isa:
Bonjour, ma question concerne le cancer du poumon. Je suis non fumeuse car je suis asthmatique depuis mon enfance, mais ai vécu dans une maison située dans une région où le radon est élevé jusqu'à l'âge de 20 ans. Je sais que cela provoque une augmentation du risque de cancer du poumon. Ma question est la suivante : Si cela fait plusieurs années que je ne vis plus où il y a du radon, le risque diminue à nouveau avec les années (comme quand on arrête de fumer) ou pas ? Je vous remercie beaucoup de votre réponse car je n'ai pas réussi à trouver de renseignements à ce sujet.

Réponse de l’équipe de la ligne InfoCancer :
Bonjour,
C’est comme pour la cigarette; si l’on réduit son exposition au radon à long terme, on réduit la dose accumulée au poumon donc le risque associé de développer un cancer du poumon.
Le risque de développer un cancer du poumon dépend de la dose à laquelle une personne est exposée ainsi que de la durée d’exposition.
Les études (rétrospectives !) menées à ce sujet portaient sur l’exposition d’ouvriers des mines. Suite à ces études, en 1987, le radon a été reconnu par le
Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) cancérigène pulmonaire pour l'homme, sur la double base d'études expérimentales animales et d'études épidémiologiques chez des mineurs d'uranium.
Une exposition élevée et à long terme, peut augmenter le risque de cancer du poumon. De plus, cette exposition a une relation linéaire, cela veut dire que le risque augmente à manière que le taux augmente.
On entend (selon les recommandations de
l’Organisation Mondiale de la Santé et l’OFSP ) comme exposition élevée dans une habitation, une concentration de radon supérieure à 300 Bq/m3.
Néanmoins, il n’existe pas à notre connaissance d’études qui démontrent une relation linéaire entre une faible exposition et le cancer du poumon.

Vous mentionnez avoir vécu dans une maison située dans une région où le radon est élevé. Sur quoi se basent vos dires ?
- Des mesures du taux de radon ont elles été effectuées dans les locaux où vous viviez?
- De manière systématique ? Dans quelle période de l’année ? Avec quelle fréquence?
- Des travaux ont-ils été entrepris pour en réduire l’exposition ? (exemple : étanchéité des sols/fissures dans les locaux/habitation ?)
- Dans le lieu d’habitation actuel, des mesures ont elles été effectuées ?

Si les mesures dans l’ancienne habitation ne dépassaient pas 300 Bq/m3, le risque concernant le cancer du poumon, au vu des recommandations internationales actuelles, n’est pas plus élevé que pour le reste de la population Suisse. En revanche si le taux était supérieur (avec des mesures régulières et par un organisme agréé) il serait recommandé de vous faire suivre et d’en discuter avec votre médecin traitant.

Sur ce
lien de la LSC vous trouverez des informations générales au sujet du radon.


Question de Dolores :
Mon père souffre d’un cancer du larynx. Il a subi une ablation de celui-ci il y a quatre mois et vit depuis avec un trachéostome. Les médecins ont déclaré qu’il lui restait entre deux et six mois à vivre, ajoutant qu’ « un miracle est toujours possible en fonction de la réussite du traitement ». Depuis trois semaines, il reçoit des rayons (une à deux fois par jour) et 64 séances sont planifiées au total. Lorsque nous demandons les résultats de ce traitement, on nous répond : « aucun changement. » Comment devons-nous interpréter cette réponse ? Hier, il a eu des saignements pendant la séance. Aucune chimiothérapie n’est prévue. Devons-nous vraiment partir du principe que ce cancer est incurable ?

Réponse de l’équipe de la ligne InfoCancer :
Bonjour Dolores,
Votre inquiétude est compréhensible. Les saignements au cours des séances de radiothérapie ne signifient pas nécessairement une croissance tumorale. Ils peuvent en effet survenir à cause des rayons. Par contre, il est important que votre père parle de ces saignements au radio-oncologue responsable. Le traitement devra éventuellement être ajusté.

La position exacte du corps durant la séance de radiothérapie est contrôlée en permanence. Des clichés de contrôle sont également pris régulièrement. Ces contrôles représentent une surveillance technique et ne servent pas à vérifier l’efficacité du traitement. L’examen final définitif se déroule généralement à la fin du traitement complet. Il est suivi de plusieurs examens ultérieurs car les effets de la radiothérapie ne sont visibles qu’après quelques semaines.

Je ne suis pas en mesure de dire à quel stade se trouve le cancer de votre père. Chez les patients en stade avancé pour qui une guérison n’est plus envisagée, un traitement standard, entre autres par radiothérapie, souvent combiné à une chimiothérapie, peut permettre de ralentir la maladie ou d’arrêter sa progression.



Question de Sultan :
Ma mère a une tumeur parathyroïdienne et refuse de se faire opérer. Elle ne nous a rien dit à nous, ses enfants, pour ne pas nous inquiéter. C’est une femme pleine de sollicitude, qui pense toujours aux autres. Elle se soucie de tout le monde sauf d’elle-même. Elle vit seule et est incapable de demander de l’aide. Quelqu’un sait-il ce qui nous attend ? Notre mère n’accepte pas encore la maladie et minimise le problème.

Réponse de l’équipe de la ligne InfoCancer :
Bonjour Sultan,
Vous et votre mère vous trouvez dans une situation difficile. Voir un être cher souffrir sans pouvoir l’aider est extrêmement douloureux. Dans la brochure
« Accompagner un proche atteint de cancer » , vous trouverez des informations qui pourraient vous aider à mieux faire face à la situation.
Vous avez déjà fait le premier pas – chercher de l’aide – en nous écrivant et vous aimeriez savoir ce qui vous attend. Il est difficile de répondre à cette question. Ce qui est important, c’est que vous discutiez ouvertement avec votre mère. Demandez-lui comment vous pourriez l’aider concrètement.
Apprendre que l’on souffre d’un cancer est un choc. Avant de pouvoir « accepter » le diagnostic, la personne touchée passe par différentes étapes, comme lors d’un deuil. Elle doit faire le deuil de sa santé, réfléchir à sa maladie, etc.

Vous décrivez votre mère comme une femme « pleine de sollicitude, qui se soucie de tout le monde. » Souvent, les personnes qui ont ce comportement ont du mal à demander de l’aide et du soutien. Vous pouvez épauler votre mère en lui laissant du temps, en étant à son écoute et en lui montrant que vous êtes là pour elle.



Question de Muschka :
Pourriez-vous me dire quel hôpital serait en mesure de conseiller mon fils (50 ans) de manière optimale pour tout ce qui touche à la bile, à la vésicule biliaire et au pancréas ? Mon fils se trouve actuellement à l’hôpital de Baden et n’a pas le sentiment d’être conseillé avec compétence. Il a reçu un diagnostic qui n’est pas clair et les traitements proposés soulèvent différentes questions. Mon fils souffre d’une cholestase au niveau du cholédoque, à la jonction avec le canal excréteur du pancréas. Il doit se faire poser un stent vendredi. Le médecin traitant lui a dit la chose suivante : « Le mieux est de procéder à l’ablation de la vésicule biliaire et d’une partie du pancréas, car ces stents tiennent au maximum deux à trois mois. » Il a mis fin à la discussion sans autre explication car il avait un téléphone à faire. Après la pose du stent, mon fils aimerait demander un deuxième avis. Quel hôpital pouvez-vous lui recommander ? Merci d’avance de votre réponse ! Cordiales salutations d’une mère inquiète.

Réponse de l’équipe de la ligne InfoCancer :
Bonjour Muschka,
Votre fils souffre d’une cholestase, c’est-à-dire d’une diminution du flux biliaire, et doit se faire poser un stent. Cette intervention consiste à introduire par voie endoscopique un petit tube (endoprothèse, stent) dans le canal cholédoque obstrué, ce qui permet d’assurer l’écoulement de la bile pendant un certain temps. Dans la majeure partie des cas, cette intervention ne constitue toutefois qu’une solution transitoire ; seul le médecin traitant peut expliquer les traitements qui seront entrepris ensuite et pourquoi. Souvent, il est utile de discuter avec les médecins concernés pour résoudre les difficultés qui se posent sur le moment.
Il est compréhensible que vous vous fassiez du souci pour votre fils. Après la pose du stent, celui-ci aura le temps de demander un deuxième avis. Pour cela, la Ligue suisse contre le cancer recommande les centres d’oncologie des hôpitaux universitaires. Nous vous enverrons volontiers par courriel une liste non exhaustive de ces centres en Suisse.



Question de Sonne :
Atteinte d’un cancer du sein, j’ai subi deux opérations conservatrices, puis une chimiothérapie, et je terminerai ma radiothérapie le 6.9.16. La doctoresse qui me suit estime que je peux reprendre le travail le 12.9. Cela me stresse ; je ne suis pas encore prête à affronter les clients. J’aimerais encore me reposer sans avoir de rendez-vous chez le médecin ni voir un hôpital de l’intérieur ! Ne puis-je pas me faire mettre en arrêt-maladie ?

Réponse de l’équipe de la ligne InfoCancer :
Bonjour Sonne,
Je comprends parfaitement qu’après toute la fatigue et le stress des traitements, vous ayez besoin de temps pour vous, pour retrouver du calme dans votre vie et souffler un peu. Il est aussi compréhensible que vous souhaitiez récupérer avant de reprendre la vie professionnelle. Avez-vous une idée du temps qu’il vous faudra pour être prête à affronter les clients ?
Discutez avec la doctoresse qui vous suit en lui expliquant la situation. Elle sait combien les traitements peuvent être pénibles, physiquement et psychiquement : elle vous comprendra certainement et vous mettra probablement en arrêt-maladie pour quelque temps.
Les autres questions à se poser seraient les suivantes : avez-vous besoin de soutien pour reprendre la vie professionnelle ? Un temps partiel vous faciliterait-il le retour au travail ? Votre employeur serait-il d’accord de diminuer votre taux d’activité pour vous permettre de revenir à votre poste ?
Appelez-nous. Les collaboratrices de la Ligne InfoCancer et de la Ligue suisse contre le cancer sont là pour discuter avec vous et vous soutenir. Vous pouvez nous atteindre du lundi au vendredi de 9 h à 19 h au 0800 11 88 11 (appel gratuit).

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