2010 - Cancer de la prostate

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2010 - Cancer de la prostate

Messagepar admin » jeu. 26 août 2010 8:55

Le Professeur George Thalmann, directeur et médecin-chef de la Clinique et policlinique d’urologie de l’Hôpital de l’Ile à Berne, répond à vos questions:


Ces réponses correspondent à une prise de position générale. Elles ne remplacent pas les conseils personnalisés d’un médecin spécialiste. Les noms de médecins, établissements de traitement et produits ne sont pas cités dans un but publicitaire ni de recommandation. Ils se bornent à indiquer des sources d’information.

Quelques questions et réponses ont été traduites dans une autre langue nationale. Si vous avez des questions complémentaires, veuillez vous adresser aux conseillères spécialisées de la Ligne InfoCancer, au numéro gratuit 0800 11 88 11, ou par e-mail à helpline@krebsliga.ch.



Question d’Ursus:
Bonjour,
La présence de sang dans le sperme est-elle un signe de cancer de la prostate ? Le cas échéant, puis-je me contenter d’en parler à mon médecin généraliste ou dois-je consulter un spécialiste ? J’ai 52 ans, à quelle fréquence dois-je me soumettre à des examens de la prostate ?
Merci de votre réponse. Ursus

Réponse du Prof. Thalmann:
Bonjour Ursus,
La présence de sang dans le sperme, également appelée hémospermie ou hématospermie, peut avoir plusieurs causes. Le plus souvent, il s’agit d’un symptôme sans gravité qui disparaît après quelques semaines. Etiologies probables (liste non exhaustive): inflammation de l’urètre, de la prostate, des vésicules séminales ou de l’épididyme, auxquels cas un traitement antibiotique peut être envisagé. Des malformations ou des varices prostatiques (veines dilatées et tortueuses) peuvent également être à l’origine d’une hémospermie, de même qu’une blessure traumatique de l’appareil génital. Plus rarement, d’autres maladies ou une tumeur peuvent entraîner une hémospermie.
Si l’hémospermie récidive ou persiste, des examens plus approfondis s’imposent et il est indiqué de consulter un médecin qui vous orientera au besoin vers un spécialiste.
Vous demandez à quelle fréquence vous devez vous soumettre à un examen de dépistage du cancer de la prostate. Il n’existe aucune règle en la matière. La Société suisse d’urologie (SSU) recommande à tous les hommes à partir de 50 ans un contrôle régulier la prostate et des paramètres PSA sanguins, pour autant que le résultat ait une utilité thérapeutique. Le PSA (Antigène prostatique spécifique) est une protéine sécrétée exclusivement par la prostate et qui fluidifie le sperme. Il peut être présent en petite quantité dans le sang. Son taux s’exprime en nanogrammes par millilitre (ng/ml) ou en microgrammes par litre (mg/l). Un PSA total de 0 à 4 ng/ml est considéré comme normal ; une valeur normale ne permet cependant pas d’exclure un cancer avec certitude.
L’homme dont un proche parent (père, frère, fils) a déjà été affecté par un cancer de la prostate court trois fois plus de risques de le contracter. N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin concernant le dépistage de ce cancer. Il saura vous en expliquer les avantages et les inconvénients. Il sera ensuite plus facile de décider si vous devez subir des examens et lesquels.
Vous trouverez plus d’informations dans la brochure
Dépistage du cancer de la prostate.


Questions de Toni:
1. Traitement anti-hormonal avec 3 injections mensuelles de Zoladexs : existe-t-il un autre traitement avec des interruptions possibles ou le traitement doit-il être suivi sans interruption si le taux de PSA est de 1,03 et en cas de suspicion de métastases dans les glandes lymphatiques ?
2. Dans cette situation, est-il recommandé de suivre également un régime alimentaire spécial ?

Réponse du Prof. Thalmann:
Bonjour Toni,
1. Le déficit hormonal continu en cas de cancer de la prostate hormono-dépendant à un stade avancé ou en présence de métastases est courant à l’heure actuelle. Le blocage hormonal intermittent en cas de cancer de la prostate hormono-dépendant avancé où l’on alterne des phases de traitement et des phases sans traitement n’est pas établi à l’heure actuelle et ne devrait être pratiqué que dans le cadre d’études.
En recourant à un traitement anti-hormonal intermittent ou alternatif, on espère que le patient réagira plus longtemps au traitement et qu’il aura une meilleure qualité de vie durant les phases sans traitement. Jusqu’à présent, aucun inconvénient pour le patient n’a été observé avec le traitement intermittent et toutes les études ont mis en évidence l’amélioration de la qualité de vie.
Nous savons aujourd’hui que le traitement hormonal intermittent est particulièrement avantageux pour les patients souffrant d’un cancer de la prostate avec une tumeur hormono-dépendante et une récidive PSA sans métastase visible, pour les patients présentant des métastases et une petite masse tumorale ou souffrant beaucoup du déficit hormonal. Nous attendons encore des données définitives concernant l’augmentation de la survie avec ce traitement.
La durée d’administration du Zoladex en cas de blocage hormonal intermittent et des interruptions de traitement doit être définie au préalable par le médecin traitant et dépend généralement du taux de PSA.

2. L’alimentation peut contribuer pour beaucoup au bien-être et à l’amélioration de la qualité de vie. Il n’existe cependant pas de régime spécial pour le cancer de la prostate et il ne vous en sera pas recommandé. Une alimentation riche en acides gras insaturés, en légumes (choux, tomates cuites) et en fruits comme les grenades semble être bénéfique. Vous trouverez plus d’informations sur une alimentation saine et équilibrée dans la brochure de la Ligue contre le cancer
Une alimentation équilibrée favorise la santé.
Si vous souhaitez être conseillé par un diététicien, adressez-vous à votre médecin traitant.



Questions de Guep:
En cas d’augmentation du PSA après opération (récidive):
- Quelles sont les possibilités de traitement, hormis le blocage hormonal, quand aucune métastase n’apparaît à l’IRM, la scintigraphie ou aux examens radiologiques?
- Existe-t-il des résultats de recherche permettant d’envisager des traitements dans de tels cas?
- À partir de quel taux de PSA doit-on commencer un blocage hormonal? Cela dépend-il du temps de doublement du PSA?

Quelques précisions concernant mes questions ci-dessus:
Opération radicale en février 2004 (avant op. PSA 11,0, pathologie après op. : pT2c(m) pN0/0/8) Gleason 3+4, score 7
Remontée du PSA à partir de juin 2004 -> rayons oct./nov. 2004 + 18 mois Zoladex
Remontée du PSA mesurable à partir d’oct. 2007 -> 6 mois Zoladex
À partir de mars 2008, remontée du PSA mesurable à partir de juin 2009 -> 6 mois Zoladex
(Dernier taux de PSA en mars 2010: 2,5, PSADT 2,5 mois).
Un grand merci pour vos réponses.

Réponse du Prof. Thalmann:
Bonjour Guep,
Vous m’avez posé 3 questions:
1. En cas d’augmentation du PSA après une opération (récidive), quelles sont les possibilités de traitement hormis le blocage hormonal, quand aucune métastase n’apparaît à l’IRM, à la scintigraphie ou aux examens radiologiques?
Après ablation totale de la prostate, une remontée du taux de PSA et après une radiothérapie réussie, le blocage hormonal est en règle générale le traitement classique (voir ci-dessous).
2. Existe-t-il des résultats de recherche permettant d’envisager des traitements dans de tels cas?
Divers résultats de recherche sont évalués dans des études cliniques, par exemple le Groupe suisse de recherche clinique sur le cancer (SAKK) ou l’Organisation européenne pour la recherche et le traitement du cancer (EORTC). Généralement, les centres universitaires ou les principaux hôpitaux cantonaux sont impliqués dans ces types de protocoles de recherche. Dans la pratique clinique, ces approches thérapeutiques ne sont toutefois pas encore établies.
3. À partir de quel taux de PSA doit-on entreprendre un blocage hormonal? Cela dépend-il du temps de doublement du PSA?
Après une prostatectomie radicale (ablation chirurgicale de la prostate), une augmentation du PSA de plus de 0,1 nanogramme par millilitre (ng/ml) est considérée comme une récidive tumorale. Un temps de doublement du PSA court indique une croissance tumorale agressive. En cas de temps de doublement du PSA inférieur à 12 mois, il convient d’envisager un traitement hormonal.



Question de Konrad:
J’ai lu que boire du thé vert serait efficace contre le cancer de la prostate. Est-ce vrai?

Réponse du Prof. Thalmann:

Pas tout à fait. Le cancer de la prostate est plus rare en Asie qu’en Europe ou en Amérique. La raison n’en est pas clairement définie. On soupçonne des facteurs environnementaux, où l’alimentation serait un élément essentiel. Les Asiatiques consommant plus de thé vert que les Occidentaux, ce facteur a été étudié. Dans une grande étude japonaise, 50 000 hommes ont été interrogés sur leur consommation de thé vert. Boire du thé vert ne réduit pas le risque de cancer de la prostate. Cependant, il a été observé que les hommes qui buvaient 5 tasses de thé vert par jour souffraient moins d’un cancer de la prostate avancé que ceux qui n’en buvaient qu’une seule, voire pas du tout.
On peut donc éventuellement supposer que le thé vert ralentit la progression du cancer de la prostate mais il n’empêche en aucun cas son apparition.



Questions de Roni44:
Prof. Thalmann, je suis confronté au choix du traitement le plus adapté à mon cas.
Informations me concernant: âge: 66; PSA 3,58; biopsie: grade modéré; stade significatif cT1c score de Gleason 3+3=6; prélèvement bioptique - 12% à gauche, 5% à droite du volume de la prostate (35 ml); scintigraphie osseuse de tout le corps; aucune métastase à l’IRM; capsule prostatique du petit bassin éventuellement infiltrée d’un côté.
Equivalence: les traitements par rayons comme la brachythérapie et la thérapie percutanée (IMRT avec suivi des organes/marqueurs en or) sont-ils équivalents à une ablation en termes de protection contre la récidive, d’incontinence, de fonction intestinale et de chances de survie?
La radiothérapie comporte-t-elle un risque d’engendrer une tumeur secondaire?
Stratégie de rejet: quels traitements reste-il en cas de rejet d’une radiothérapie?
Fiabilité du diagnostic: en cas de radiothérapie, la fiabilité du diagnostic est encore plus importante puisque la prostate ne pourra pas être examinée manuellement si le traitement réussit.
Après les rayons, existe-t-il un moyen, hormis l’interprétation du taux de PSA, d’évaluer la réussite du traitement?
Bien cordialement, Roni44

Réponse du Prof. Thalmann:
Bonjour,
Vous posez plusieurs questions. Je répondrai à quatre d’entre elles. Par principe, je vous recommande toutefois de solliciter un deuxième avis. Votre cas doit être étudié en détail avant d’émettre un avis médical quant au traitement le plus approprié. Les conseillers de la Ligne InfoCancer (0800 11 88 11) vous adresseront au centre de compétences adéquat.

Vous voulez savoir si la radiothérapie externe et/ou la brachythérapie et la prostatectomie radicale sont équivalentes en termes de taux de rechute, d’espérance de vie et d’effets secondaires.

Il n’existe pas d’étude comparative. En cas de cancer de la prostate à faible risque, la radiothérapie interne ou externe utilisée dans 15 à 30% des cas permet d’obtenir un taux de guérison de 80% et, à cet égard, est comparable à la prostatectomie radicale.
Comme toutes les interventions chirurgicales, la prostatectomie radicale peut entraîner des complications et des séquelles qui dépendent parfois de la technique opératoire et de la possibilité d’opérer en préservant les nerfs. Quand au moins un faisceau vasculo-nerveux peut être préservé, le taux d’incontinence est inférieur à 3% (pertes urinaires de quelques gouttes) si l’on est entre les mains d’un chirurgien expérimenté. Si aucun faisceau vasculo-nerveux ne peut être préservé, le risque d’incontinence plus importante passe à près de 15% (jusqu’à deux incidents par jour). Le dysfonctionnement érectile dépend de plusieurs facteurs, comme entre autres la préservation des nerfs et l’âge. La plupart des patients sont impuissants juste après l’opération. La fonction érectile peut être récupérée jusqu’à quatre ans après l’opération et nécessite alors une aide médicamenteuse. Une sténose anastomotique (rétrécissement des sutures entre la vessie et l’urètre) apparaît chez 1 à 10% des patients et peut être traitée par des dilatations. Une altération des nerfs peut être provoquée par la position lors de l’opération. Plus rarement, il arrive que des organes voisins comme le gros intestin soient endommagés.
Les effets secondaires les plus courants de la radiothérapie interne ou externe sont les suivants: perte de puissance sexuelle (50%), saignements rectaux (2 à 15%), séquelles lourdes au niveau de la vessie et du gros intestin en cas de doses totales allant jusqu’à 75 Gy diagnostiquées dans moins de 3% des cas. (Source: Deutsches Aerzteblatt/Jg. 106/Cahier 22/29, Mai 2009).

Vous voulez connaître le risque d’apparition d’une tumeur secondaire engendrée par une radiothérapie de la prostate.

Ce risque est évalué à 1 sur 1000.

Vous voulez savoir quelles options thérapeutiques s’offrent à vous en cas de mauvaise réaction à la radiothérapie.

Lorsque la capsule prostatique est percée mais qu’aucune métastase n’est observée ou que la tumeur atteint des nœuds lymphatiques locaux ou d’autres endroits du corps, on peut envisager une hormonothérapie. Celle-ci consiste à bloquer les androgènes (hormones masculines) qui stimulent la croissance tumorale. Si la tumeur n’est pas maîtrisée par l’hormonothérapie ou la radiothérapie, la chimiothérapie peut être envisagée.
Un traitement chirurgical n’est possible que dans des cas particuliers et comporte un plus grand risque d’incontinence. Inversement, une radiothérapie intervenant après une intervention chirurgicale est mieux tolérée et entraîne moins de limitations fonctionnelles.

Vous voulez savoir comment il est possible d’évaluer la réussite du traitement après une radiothérapie.

Après les rayons, le taux de PSA est régulièrement mesuré pour juger de la réussite du traitement. De plus, il est possible d’effectuer des biopsies afin d’analyser le tissu tumoral.



Question de Pietro:
Bonjour Monsieur Thalmann,
J’ai 68 ans. Il y a 5 semaines, j’ai subi une petite opération de la prostate (le tissu prostatique a été «pelé» en raison d’une quantité d’eau résiduelle relativement importante). L’opération s’est bien déroulée, l’eau s’écoule de nouveau et tout est «étanche». Lors de la visite de contrôle, il y a deux jours, le médecin m’a informé que les résultats du laboratoire ont révélé la présence de petites cellules cancéreuses (décelables par microscope). Il a affirmé qu’il n’y a rien à faire pour l’instant, hormis des analyses de sang semestrielles par mon médecin traitant. Bien que j’aie confiance en mon urologue, je suis tout de même un peu inquiet. Peut-on faire quelque chose pour améliorer la situation ou suis-je condamné à attendre sans rien faire? Je vous remercie de l’intérêt que vous porterez à ma question. Meilleures salutations. Pietro

Réponse du Prof. Thalmann:
Bonjour Pietro,
La situation que vous me décrivez est récurrente. La manière de procéder dépend généralement de la biologie de la tumeur. S’il s’agit d’un carcinome bien différencié, rien ne presse. Les cellules cancéreuses sont dites bien différenciées quand elles ne diffèrent que peu des cellules normales. Souvent, les petits carcinomes prostatiques bien différenciés décelés à temps croissent très lentement et n’engendrent jamais une affection perceptible. Dans ces cas, l’urologue peut proposer la stratégie de la surveillance active, qui consiste en une série de contrôles réguliers (PSA, biopsies répétées). Le procédé sera systématiquement réévalué en fonction des résultats. Cette thérapie personnalisée tient compte de l’âge, de la comorbidité (présence éventuelle d’autres maladies) et de la biologie de la tumeur.
La solution de la surveillance active peut susciter des angoisses chez le patient, ce qui est compréhensible. Si celles-ci ont des répercussions telles sur sa qualité de vie qu’il les juge intolérables, cette option devra être reconsidérée avec le spécialiste et une thérapie devra éventuellement être entreprise dans un but curatif.
Actuellement, le problème est que vous venez de subir une opération de la prostate et qu’il est donc impossible d’envisager une intervention plus importante dans les prochaines semaines, étant donné que la résection transurétrale (RTUP), petite opération de la prostate, engendre des modifications inflammatoires au niveau de la prostate qui compliquent la préservation des nerfs lors de l’opération.
Vous avez la possibilité de demander à votre urologue un entretien plus approfondi sur les avantages et les inconvénients des différentes options ou de solliciter un deuxième avis.



Question d’Ernst:
Je suis une radiothérapie de la prostate. Puis-je tout de même faire du vélo? Etant donné que j’ai des douleurs au niveau du genou et des articulations, je ne marche pas très bien et le vélo me permettrait de faire un peu de sport.

Réponse du Prof. Thalmann:
Vous pouvez faire du vélo à condition que la peau soit intacte et que vous n’ayez pas de douleur. N’essayez pas de battre votre record et allez-y progressivement. En cas de douleur, essayez de changer de selle. Les magasins spécialisés proposent aujourd’hui des selles spéciales.

Veillez à ne pas trop transpirer pour ne pas effacer les repères. Il ne faut en outre pas faire de vélo avant un prélèvement sanguin pour déterminer le taux de PSA, la pression sur la prostate pouvant augmenter ce taux.



Question de tanzania:
Docteur,
Mon taux de PSA a évalué de la manière suivante:
Après la radiothérapie (fin mai 2008) = 0,6
Trois mois plus tard = 0,2
Six mois plus tard = 0,1
1 an plus tard = 0,2
21 mois plus tard (juin 2010) = 0,9
Mes questions : Cette évolution est-elle réjouissante? L’augmentation à 0,9 indique-t-elle une récidive? Dois-je entreprendre quelque chose? Si oui, que dois-je faire? Que puis-je faire, par exemple dans le domaine des médecines complémentaires (alimentation, traitement au gui…)? Que me conseillez-vous? Merci de votre réponse. Cordialement. Andreas.

Réponse du Prof. Thalmann:
Bonjour Andreas,
L’évolution de votre taux de PSA indique que vous avez très bien réagi à la radiothérapie. Aujourd’hui, ce taux est de nouveau en hausse et votre inquiétude est compréhensible. Cette hausse n’exclut effectivement pas une nouvelle croissance de la tumeur. D’autre part, il faut tenir compte du fait que la prostate est encore présente et que les tissus résiduels peuvent également produire du PSA. Une simple inflammation dans la région de la prostate peut engendrer une augmentation du PSA.
Sur la base de certains paramètres tumoraux comme le score de Gleason, le PSA initial, du temps écoulé jusqu’à l’augmentation du PSA, le temps de doublement du PSA après la radiothérapie ainsi que d’éventuels symptômes, on peut déterminer s’il est indiqué de recourir dès à présent à une thérapie ou si l’on peut encore attendre. Le choix du traitement dépend également des paramètres cités ci-dessus. Des examens radiologiques peuvent éventuellement encore être nécessaires. Parlez-en avec votre médecin traitant. Il est tout à fait possible qu’aucun traitement ne soit nécessaire pour le moment.
Une activité sportive raisonnable et une alimentation saine et équilibrée peuvent vous fortifier. Une alimentation riche en choux, tomates cuites, grenades et abricots semble avoir une influence positive sur l’évolution du cancer de la prostate.
Le traitement au gui est une méthode de traitement complémentaire, appliquée par la médecine anthroposophique et dont l’efficacité reste à prouver. Les études menées jusqu’à présent n’ont pas démontré des effets directs sur la croissance tumorale. Elles semblent cependant monter que le traitement au gui permettrait d’améliorer la qualité de vie pendant une chimiothérapie.
Entreprendre soi-même quelque chose pour participer activement à la gestion du cancer aide beaucoup de patients à mieux accepter la maladie. Les possibilités d’améliorer la qualité de vie grâce à la médecine complémentaire sont multiples et aussi diverses que les patients. Je ne peux pas vous en recommander une en particulier. Il est important de parler à votre médecin traitant de la méthode que vous avez adoptée. Cela permettra d’évaluer les interactions avec le traitement ainsi que les effets secondaires.



Question de Gerda:
Bonjour Monsieur Thalmann,
Il y a un mois, un cancer de la prostate a été diagnostiqué chez mon mari, âgé de 73 ans. Une opération n’étant malheureusement pas envisageable, il suit une radiothérapie. Des amis allemands nous ont recommandé le protocole Leibowitz. Son urologue est toutefois d’avis qu’il s’agit d’une méthode expérimentale et que mon mari devrait y renoncer. Qu’en pensez-vous? Merci de votre réponse.

Réponse du Prof. Thalmann:
Bonjour Gerda,
En suisse, le triple blocage androgénique selon Leibowitz n’est effectivement pas un traitement courant du cancer de la prostate à un stade avancé.
L’urologue américain Leibowitz préconise une hormonothérapie du cancer de la prostate combinant un analogue de la LH-RH (p. ex. Zoladex®), un anti-androgène (p. ex. Casodex®) et un inhibiteur d’enzyme alpha-5-réductase (par ex. Proscar®). Leibowitz affirme que les patients qu’il a traités selon ce schéma n’ont jamais rechuté. L’efficacité de son approche thérapeutique n’est toutefois pas prouvée scientifiquement.
L’utilisation combinée d’un analogue de la LH-RH et d’un anti-androgène dans le traitement d’un carcinome de la prostate avancé est courante. En règle générale, l’anti-androgène est prescrit jusqu’à l’injection d’un analogue de la LH-RH, après quoi il est arrêté. En revanche, il n’est pas courant de recourir en plus à un inhibiteur d’enzyme alpha-5-réductase. En Suisse et en Allemagne, l’utilisation du Proscar® n’est autorisée que dans le traitement des tumeurs bénignes.
L’alpha-5-réductase est une enzyme endogène qui transforme une partie de la testostérone en dihydrotestostérone, plus efficace. D’après Leibowitz, la prise complémentaire d’un inhibiteur d’alpha-5-réductase bloque complètement la testostérone et améliore ainsi l’efficacité du traitement. Cependant, plusieurs études cliniques démontrent que le blocage complet de la testostérone n’augmente pas la survie. Il y aurait en outre encore plus d’effets secondaires.
Des études cliniques sur les inhibiteurs de l’enzyme alpha-5-réductase sont en cours. Ces inhibiteurs ont également été analysés dans le cadre de la prévention. Cette question reste donc encore ouverte.



Question de Joannes:
J’ai dû me faire enlever la prostate en 2007 (à l’époque mon taux de PSA était de 41). L’opération par incision abdominale s’est très bien passée. Deux ans après, le taux de PSA a recommencé à augmenter. Le médecin a supposé la présence d’une métastase et m’a prescrit du CASODEX 50 mg. Le taux de PSA est alors immédiatement passé de 0,7 à 0,4. Cependant, j’ai ressenti de violents effets secondaires: douleurs thoraciques et fortes douleurs dans la région du foie sur le côté juste en dessous des côtes. J’ai donc été contraint d’arrêter le traitement. Que pensez-vous de mon problème? Comment peut-on ralentir la formation de métastases? Existe-t-il d’autres médicaments? Des alternatives? Bien cordialement, Joannes

Réponse du Prof. Thalmann:
Bonjour Joannes,
Après votre opération de la prostate en 2007, votre taux de PSA est lentement remonté. Vous avez mal supporté le Casodex – les effets secondaires que vous décrivez sont connus. A juste titre, vous avez arrêté ce traitement. Vous souhaitez maintenant savoir s’il existe des alternatives au Casodex. Dans votre situation, il me semble que la prochaine étape serait de réaliser un examen par tomodensitométrie et scintigraphie osseuse. Un toucher rectal serait également indiqué pour exclure une nouvelle croissance tumorale dans la loge prostatique. En cas de récidive dans la loge prostatique, la radiothérapie peut être une option. Il me semble un peu prématuré d’envisager une hormonothérapie. L’application de ce traitement dépendra d’une part des résultats de la tomodensitométrie et de la scintigraphie osseuse, et d’autre part de la cinétique du PSA. Seul votre urologue traitant saura au mieux vous conseiller sur le traitement le plus adapté à votre cas au plan médical pour stopper l’évolution de la maladie. Je ne peux que vous encourager à en parler avec lui.



Question de mst:
En décembre 2009, ma prostate a été enlevée suite à un cancer. Cependant, j’ai été blessé à l’urètre lors du retrait du cathéter. Depuis j’ai donc subi une nouvelle hospitalisation pour une incision du resserrement. Malgré tout je dois procéder à une «autocathétérisatjon» tous les 4 jours afin d’éviter que l’urètre ne se colle complètement. Devrais-je toujours vivre avec ça? Pour ce qui est de la continence, ce n’est pas terrible non plus. Se peut-il qu’il y ait un lien avec mon problème d’urètre? J’appréhende énormément de subir une autre opération car jusqu’à présent, je n’en ai eu que de mauvaises expériences.


Réponse du Prof. Thalmann:

Bonjour mst,
Il est regrettable que vous ayez vécu vos dernières hospitalisations comme un traumatisme.
Dans certains cas, l’autocathétérisation périodique peut être une solution à long terme. Cependant le risque d’infection est important et l’auto-traitement peut s’avérer douloureux et désagréable. Pour connaître le traitement médical le plus adapté à votre cas, je vous conseille de consulter un urologue. Il vous prescrira une radiographie de l’urètre et éventuellement une endoscopie de l’urètre. Pour obtenir des conseils personnalisés de traitement, vous pouvez vous adresser par exemple à une clinique universitaire suisse.

L’incontinence urinaire est une conséquence connue de la prostatectomie radicale. Vos problèmes d’incontinence sont certainement liés avant tout à votre prostatectomie. La combinaison avec un rétrécissement de l’urètre vous empêche probablement d’arriver à une miction totale, ce qui ne facilite pas la situation et rend les pertes urinaires encore plus difficilement contrôlables.

Le traitement de l’incontinence dépend de son type, de sa cause et de sa gravité. Des exercices physiques ciblés (exercices de Kegel/gymnastique du plancher pelvien) permettant de renforcer les muscles du sphincter peuvent vous aider. Parlez-en à votre urologue. Il vous prescrira peut-être des séances de physiothérapie pour apprendre à réaliser correctement ces exercices.
Certaines formes d’incontinence peuvent également être traitées par médicaments, comme l’incontinence par impériosité.
En cas d’incontinence plus grave suite à une prostatectomie radicale, il est possible d’implanter un sphincter artificiel. Des cliniques plus importantes sauront vous conseiller à ce sujet.

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